Mardi 30 septembre 2008
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Hausse du chômage : les syndicats pointent la responsabilité du gouvernement.
« Les ECHOS » : Mardi 30 septembre 2008
Avec 41.300 nouveaux chômeurs, la France a enregistré, en août, une hausse de 2,2 % du nombre de demandeurs d'emploi, la plus importante depuis quinze ans.
Le gouvernement veut renforcer l'efficacité de l'ANPE et n'exclut pas de développer les contrats aidés.
La ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, Christine Lagarde, n'a finalement pas pu présider hier la « réunion de crise » sur l'emploi : elle était appelée pour
préparer... une autre réunion de crise, celle qui doit avoir lieu ce matin à l'Elysée avec les assureurs et les banquiers. En son absence, son secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez,
appelant au « calme » et au « sang-froid », a pris acte de la hausse de 2,2 % du nombre de demandeurs d'emploi en août, selon les chiffres diffusés officiellement hier par
l'ANPE. Cela correspond à 41.300 chômeurs en plus, soit la plus forte progression mensuelle enregistrée depuis 1993. Après deux ans de baisse continue en 2006 et en 2007, puis une quasi-stabilité
depuis le début de l'année, le retournement de tendance est sévère
Peu d'espoir d'amélioration
Hormis les moins de 25 ans (+ 0,1 %), traditionnellement peu nombreux à s'inscrire à l'ANPE durant l'été, toutes les catégories de chômeurs sont fortement
touchées, à commencer par les seniors (+ 2,9 %) et les chômeurs de longue durée (+ 3,4 %, lire ci-contre). Le risque est désormais que cette hausse brutale devienne aussi durable : le fort
ralentissement de la croissance et la double crise, financière et immobilière, laissent en effet peu d'espoir d'une amélioration à court terme.
Le gouvernement a donc sonné hier la mobilisation générale en convoquant notamment l'ANPE-Assedic, l'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) et les missions locales,
qui devront désormais se réunir chaque mois et faire preuve de « créativité ». Le budget 2009 présenté vendredi prévoyant un recul de 5 % des crédits du ministère de l'Emploi, le
gouvernement dispose en effet de très peu de marges de manoeuvre
Aides à la mobilité renforcées
Laurent Wauquiez promet de « mobiliser, s'il faut, davantage » de contrats aidés (lire ci-dessous), comme cela a déjà été fait en juillet, avec
60.000 contrats de plus que prévu. Dans l'immédiat, il compte « accélérer » le déploiement des 45.000 contrats d'autonomie destinés aux jeunes des quartiers difficiles. Pour le reste, il
entend développer l'efficacité du service public de l'emploi, avec une mise en oeuvre accélérée de la fusion ANPE-Assedic et de l'accompagnement personnalisé des chômeurs. Il mise aussi sur une
meilleure utilisation des ressources, en renforçant les aides à la mobilité, et espère que la réforme de la formation professionnelle permettra d'améliorer la formation des chômeurs. Les
syndicats et l'opposition, hier, ont largement critiqué la politique gouvernementale. « Ces chiffres sont le fruit d'une politique qui affaiblit la croissance », a commenté François
Hollande (PS). En incitant « à travailler plus longtemps au détriment de l'embauche », le gouvernement s'est rendu « responsable » de la situation, a ainsi jugé la CGT.
« Crise du système capitaliste »
L'aggravation de la situation des salariés et des demandeurs d'emploi n'est pas un «accident» mais illustre plutôt une crise du système
capitaliste », a renchéri FO, tandis que François Chérèque (CFDT) a reproché au gouvernement
d'avoir jusqu'ici « enfumé » l'opinion publique avec « des discours rassurants » et de commettre « l'erreur », comme en 2003,
de supprimer des contrats aidés lorsque la croissance se dérobe. Il demande au gouvernement de suspendre les « cadeaux » faits aux
plus riches via le bouclier fiscal ou la baisse des droits de succession afin de les réallouer à l'aide à l'emploi.