http://profseteleves.blogs.liberation.fr/silnyavaitqueleseleves/2009/03/le-tlphone-sonn.html
09/03/2009
Des embrouilles dans les mutations ?
«Vous avez un nouveau message.
Bonjour. Ceci est une information de l’Education Nationale.
Votre demande de mutation est envisagée.
Bip.»
Hein ? Quoi ?
Mais les commissions paritaires d’examens des demandes n’ont pas eu lieu.
Comment se fait-il que j’ai déjà une réponse ? Et qu’est-ce que signifie ce «envisagée» ? Ça veut dire que je mute ? Qu’après trois demandes infructueuses, je vais pouvoir enfin intégrer l’Académie de mon choix ?
Il faut que je vérifie.
J’appuie sur «5».
«Ce numéro n’est pas accessible.»
Rhaaaa. Puis-je enfin ouvrir mes bouteilles de Moët & Chandon qui attendent dans le frigo depuis des années ?
Ce petit scénario qui a eu lieu il y a une quinzaine de jours a concerné une grande majorité d’enseignants de la Seine-Saint-Denis et de Paris (pour ce que j’en sais) qui avaient fait leur demande de mutation pour changer d’académie. Enfin, dans une bonne partie des cas, le message était différent.
«Votre demande de mutation n’a pas été satisfaite.» Là, les choses sont relativement claires.
Habituellement, aucune information n’est donnée aux enseignants qui souhaitent changer d’établissements avant une décision définitive. Elle n’est rendue qu’après que l’administration n’a proposé ses résultats aux syndicats, que des élus ont pu vérifier que l’ensemble des règles ait été appliqué avec rigueur et que des erreurs identifiées aient été corrigées.
Le système de mutation des enseignants est loin d’être parfait mais dans ce jeu où les règles changent chaque année il est plutôt rassurant d’avoir des garde-fous qui assurent leur respect et leur application équitable.
La question subsiste. Quel est l’intérêt de ces appels ?
Naïvement, on pourrait penser qu’ils permettent d’abréger les espoirs vains des collègues très loin des barèmes d’entrée. Cependant, dans le contexte actuel, la confiance aveugle n’est pas vraiment de mise au moment où le gouvernement souhaite mettre fin à ces fameuses commissions paritaires où siègent membres de l’administration et syndicats.
Je vous expose ma petite théorie du complot.
Lors des dernières élections professionnelles, la participation a été plus élevée que lors des précédents votes. On peut l’interpréter comment un regain de confiance des personnels dans les syndicats. Supprimer abruptement le paritarisme dans ces conditions ne serait peut-être pas le coup le plus stratégique pour atteindre sans trop de bruit ce but.

