ON a vraiment un tout petit président qui ne peut s'empêcher de "rouler des mécaniques"!
Colère des syndicats après des propos de Sarkozy sur le faible impact des grèves
Il y a 4 heures
PARIS (AFP) — Plusieurs syndicats ainsi que le Parti socialiste ont critiqué dimanche les propos de Nicolas Sarkozy sur le faible impact des grèves, l'avertissant
du risque de "jouer avec le feu" et d'"attiser les conflits" au moment où les salariés éprouvent "un réel mécontentement".
Samedi, lors du Conseil national de l'UMP, le président Nicolas Sarkozy avait affirmé que "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit", se
félicitant de ce que la France était "en train de changer" et cela "beaucoup plus profondément qu'on ne le croit".
"Encore une fois, c'est un mot de trop du président de la République. Il devrait être beaucoup plus prudent que ça", a déclaré dimanche le secrétaire général de
FO, Jean-Claude Mailly.
Estimant que "les pouvoirs publics accélèrent les réformes, veulent mettre 30 ou 40 dossiers sur la table pour essayer d'en faire passer quelques-uns", le leader
de FO a souligné "un réel mécontentement des salariés" au sujet des retraites, du pouvoir d'achat ou de l'avenir du service public.
"Ne pas tenir compte de ce mécontentement (...) c'est ne pas faire preuve de réalisme", a-t-il lancé.
Pour Maryse Dumas, l'une des secrétaires confédérales de la CGT, "le président de la République fait une opération diversion parce qu'il a bien du
mal à démontrer en quoi sa politique réussit".
Non seulement Nicolas Sarkozy "ne connaît pas la réalité sociale car le nombre de grèves est très important", mais ses propos sont "méprisants"
pour les grévistes tentant de se mobiliser sans trop gêner les usagers et pour les usagers eux-mêmes, a-t-elle estimé.
"Le président de la République joue avec le feu parce que si désormais pour faire entendre des revendications collectives les usagers doivent user
de moyens d'actions qui gênent les autres, on risque d'entrer dans une spirale dangereuse pour notre pays", a mis en garde Mme Dumas.
Un avis partagé par le président de la CFTC Jacques Voisin, pour lequel "le risque est de balayer tout ce qui a été fait en matière d'alarme
sociale et d'inciter aux conflits purs et durs, ce qui n'est pas souhaitable" sachant que "les relations dans le public, comme dans le privé, restent très tendues".
La gauche et Bayrou protestent contre les déclarations de Sarkozy sur les grèves
AP | 06.07.2008 | 19:32
Au lendemain de la floraison de critiques du PS et de la pique de Nicolas Sarkozy sur les grèves dont plus "personne ne
s'aperçoit", la gauche et François Bayrou ont critiqué dimanche ces propos jugés provocateurs ou diviseurs.
Le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray a ainsi dénoncé des "déclarations infantiles" tenues lors d'un
conseil national de l'UMP à Paris qui "a visiblement tourné à la réunion de joyeux drilles".
Alors que le PS a été jugé samedi "ringard" et qualifié de "cimetière des idées mortes", Ségolène Royal, qui avait estimé que M. Sarkozy n'a joué aucun
rôle dans la libération d'Ingrid Betancourt, s'est vue doter par Christian Estrosi de "l'humanité d'un bigorneau". Enfin, le chef de l'Etat a lui-même lancé:
"Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit".
"On peut comprendre que le jour, un samedi, et l'ambiance estivale du mois de juillet aient contribué à cette multiplication de comportements et de
déclarations infantiles", note M. Dray dans un communiqué, jugeant que les "déclarations triomphantes" de M. Sarkozy sur les grèves donnent "toute la mesure de la manière dont il conçoit le
dialogue social". Et d'avertir: "Qu'ils prennent garde, car comme on dit dans les cours de récréation: rira bien qui rira le dernier".
Pour le PCF, cette "provocation présidentielle" montre que "Nicolas Sarkozy est le président d'un camp contre l'autre, celui du patronat contre les
salariés". "Cette nouvelle attaque contre les salariés ne fait que confirmer le manque total de crédibilité du discours présidentiel sur le progrès social", estime le Parti communiste dans un
communiqué.
Pour François Bayrou, la sortie du chef de l'Etat sur l'inefficacité des grèves, il prononce "une phrase d'humiliation,
une phrase de cour de récréation dans laquelle on roule des mécaniques, comme on dit". "C'est grave", a-t-il dit lors de La tribune BFM/Dailymotion, en estimant qu'un chef de l'Etat ne
doit pas être "le démolisseur" du projet social, mais "le défenseur".
"Quand on a humilié dans la même semaine l'armée, la télévision publique et les organisations syndicales, ça fait beaucoup pour quelqu'un dont la
mission est de rassembler son peuple et je trouve de ce point de vue que les déclarations successives de Nicolas Sarkozy sont des déclarations qui tiennent de la fanfaronnade pour les unes,
de la rodomontade pour les autres", a poursuivi le patron du MoDem. Et d'ajouter: "Quand on ne rassemble pas les Français et qu'on est président de la République, on ne fait pas son travail,
on n'accomplit pas sa mission".