Un titre de séjour provisoire accordé à une lycéenne chinoise de Dunkerque
2007-11-23 12:27:28
LILLE (AFP)
© AFP
Xiaoli Lin le 22 novembre 2007 à Lille
Un titre de séjour provisoire va être accordé à une lycéenne chinoise de Dunkerque (Nord), exploitée un temps dans un atelier clandestin après avoir été probablement vendue par ses
parents, et qui était expulsable à partir du 30 novembre, a annoncé vendredi la préfecture du Nord.
"Le témoignage de Mlle Xiaoli Lin est de nature à permettre de démanteler un réseau de travail clandestin et une filière d'immigration irrégulière", a expliqué la préfecture dans un
communiqué, en précisant que "la justice (allait) être saisie".
"En attendant que toute la lumière soit faite, un titre de séjour provisoire lui sera délivré", a-t-elle ajouté.
La communauté éducative de Dunkerque, les élèves du lycée Guy-Debeyre, où Xiaoli Lin est scolarisée, des syndicalistes et des élus notamment s'étaient fortement mobilisés en faveur de
la jeune Chinoise de 20 ans, dont le recours gracieux a été examiné jeudi.
Xiaoli Lin, qui a été reçue à son CAP vente avec 17,22 de moyenne, le meilleur résultat de sa classe, pense avoir été vendue par ses parents alors qu'elle avait 16 ans.
Après avoir dû suivre un inconnu -qui l'a transportée dans une camionnette avec une dizaine d'autres jeunes puis fait prendre l'avion-, elle s'est retrouvée à travailler dans un atelier
de couture clandestin à Paris.
Xiaoli Lin, actuellement en BEP vente, dormait "sur un matelas par terre", devait subir "brimades et insultes, n'avait pas toujours à manger", a expliqué Caroline Waringhem, assistante
sociale au lycée Guy-Debeyre. Avec deux autres jeunes compatriotes, elle avait finalement réussi à s'enfuir.
Une pétition en faveur de sa régularisation a recueilli plus de 9.400 signatures. Jeudi, quelque 200 élèves et enseignants avaient participé à un sit-in devant leur lycée et la veille,
300 personnes avaient manifesté devant la sous-préfecture de Dunkerque.
"La mobilisation a payé", s'est réjouie Mme Waringhem. "Cela nous laisse un peu de répit. Mais ce n'est pas fini", a-t-elle déclaré.