Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 23:13
il ne veut plus s'occuper des municipales !!!

Nicolas Sarkozy jouera la partition des municipales en sourdine

 
 
Par Sophie Louet

 

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy, qui comptait repartir au combat électoral en politisant les municipales des 9 et 12 mars, a fait machine arrière mardi en déclarant qu'il ne "se mêlerait pas" des scrutins locaux.

"Je ne veux pas me mêler du détail des municipales dans chacune des villes de France, ce n'est pas mon travail", a expliqué le chef de l'Etat lors d'un déplacement à Pau (Pyrénées-Atlantiques), une ville que brigue François Bayrou.

Malmené dans les sondages, entre pouvoir d'achat en berne, vie privée surmédiatisée et turbulences économiques, le chef de l'Etat infléchit de nouveau en ce début 2008 une stratégie qui paraît chercher ses lignes-maîtresses, entre "politique de civilisation" et reprises de contact avec le pays réel.

Le discours présidentiel répond aussi en creux à l'embarras de maires sortants UMP qui s'inquiètent d'une "nationalisation" d'enjeux locaux à leur détriment, alors que se profile le scénario d'un référendum pour ou contre le sarkozysme, dont les sondages démontrent qu'il a déçu les attentes des classes populaires huit mois après l'avènement de la "rupture".

Nicolas Sarkozy devenait à leurs yeux un personnage encombrant, comme l'a laissé entendre le 10 janvier Françoise de Panafieu. La candidate de l'UMP à la mairie de Paris avait souhaité "une juste mesure" dans l'implication du président, "une juste place qui est la sienne, premier personnage de l'Etat". Un sentiment partagé dans de nombreuses villes tenues par la droite ou ayant de bonnes chances d'échapper à la gauche.

Ainsi Alain Juppé, auquel Nicolas Sarkozy a rendu visite mardi matin à Bordeaux (Gironde), a-t-il fait disparaître le logo UMP de sa permanence et de ses affiches.

Selon un sondage LH2 réalisé les 11 et 12 janvier, 72% des Français ne souhaitent pas que le président s'implique dans la campagne.

Le bémol sarkozien risque paradoxalement d'accentuer le malaise dans les rangs de la majorité, investie de l'acrobatique mission de politiser le scrutin des 9 et 16 mars sans pour autant en faire un test de l'action gouvernementale.

Le 8 janvier, lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy avait pourtant été sans détour.

COMME LE RAVI DE LA CRÈCHE

"Je devrais rester comme le ravi de la crèche et attendre que mes adversaires se mobilisent? Je m'engagerai, parce que le concept même d'élection dépolitisée est absurde", avait-il déclaré.

Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, avait quelque peu rectifié le 13 janvier sur Canal+ : "Nicolas Sarkozy va rester dans le rôle qui est le sien. Il n'ira pas faire campagne pour tel ou tel maire."

Début janvier, lors d'un déplacement aux Antilles, François Fillon, qui s'est fixé pour objectif de "remporter" les municipales, avait précisé à des journalistes qu'il se partagerait les villes avec le chef de l'Etat.

Le 12 janvier, lors du conseil national de l'UMP, le Premier ministre avait assuré que le gouvernement serait "aux côtés" des maires dans la bataille. Nicolas Sarkozy n'avait dit mot sur ce thème.

Le lendemain, invité du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, François Fillon tempérait ses propos, affirmant que les municipales ne constituaient "pas du tout un test pour l'action du gouvernement".

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait mis en garde le 11 janvier contre une "nationalisation des enjeux".

"Il est important de veiller à ce que la politique locale ne soit pas systématiquement un enjeu national, sinon on mobilise surtout le camp adverse", déclarait-il dans Le Parisien.

Le ministre de l'Ecologie et président du Parti radical, Jean-Louis Borloo, estime pour sa part que "dans les villes, et notamment celles en mutation accélérée ce qui est le cas de beaucoup de villes gérées par des radicaux, le débat sera 100% local", dans un entretien publié sur le site internet du Figaro.

Les socialistes, en quête d'un nouveau souffle, parient sur un vote-sanction les 9 et 16 mars. Vingt-deux ministres et secrétaires d'Etat, dont le sort n'est pas lié à l'issue du scrutin contrairement aux législatives de juin 2007, se présentent.

L'UMP estime que le refus de Jean-Pierre Raffarin de reconnaître un enjeu national aux élections régionales de 2004 avait contribué à un raz-de-marée de l'opposition socialiste.

La majorité sait qu'elle ne pourra rééditer les scores historiques des municipales de 2001, lorsque la droite RPR-UDF avait conquis 35 villes de plus de 30.000 habitants malgré la perte de Paris et de Lyon, mais elle juge pouvoir éviter le désaveu de 2004.

L'objectif fixé en 2008 - gagner plus de villes qu'en perdre - devrait être difficile à tenir.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires