Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 21:55

Je vous passe un trés bon article de Bernard Roman, trouvé ce soir sur son Blog


Le déni est une mauvaise posture.

C'est pourtant celle qu'adopte en permanence la majorité actuelle. Premier déni, la droite refuse d'admettre le vote-sanction des Français. Les dirigeants de l'UMP l'ont martelé tout au long de la campagne électorale et même une fois les résultats connus : ils ne changeront rien. Les députés UMP qui ont mené des campagnes locales ces dernières semaines ont bien constaté le désarroi des catégories populaires, leur paupérisation, leur précarisation. Mais qu'importe, au sommet de l'Etat, on ne veut rien entendre. Le mini-remaniement intervenu hier soir confirme cette obstination dans une politique pourtant sévèrement condamnée. Deuxième déni : le gouvernement n'accepte toujours pas de réviser ses prévisions de croissance, pourtant fantaisistes, et désormais incohérentes compte tenu du contexte international de crise. Il serait temps qu'il précise ses intentions. Nous le lui demanderons jeudi prochain, lors d'un débat économique à l'Assemblée nationale organisé à l'initiative des députés socialistes. Enfin, le troisième déni consiste pour l'exécutif à assurer qu'il n'y aura pas de plan de rigueur. Pourtant, la « réforme des structures économiques » que promet François Fillon ressemblera très vite à une cure d'austérité : les mesures en préparation n'auront pas d'effet sur la croissance et le pouvoir d'achat et conduiront à la dégradation des services publics donc à davantage d'exclusion. A ce triple déni, les socialistes répondent par une triple exigence. Nous demandons que le gouvernement annule le paquet fiscal, revalorise immédiatement les petites retraites et anticipe l'augmentation du Smic. Bref, qu'il admette que les difficultés des Français les plus défavorisés sont réelles, que sa politique les a amplifiées, et qu'il accepte enfin d'agir pour y remédier. Car si le déni a pour fonction de se mentir à soi-même, il ne permet pas de mentir aux électeurs. C'est la leçon de ces deux dimanches électoraux.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires