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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 21:24

Afghanistan:quelques centaines de soldats en plus

- Soldats français à Kaboul (avril 2007) - AFP / Shah Marai -

Soldats français à Kaboul (avril 2007)

Devant le Parlement, François Fillon a précisé que le renfort en Afghanistan serait de quelques centaines de soldats

Les députés PS  ont annoncé le dépôt d'une motion de censure contre le gouvernement Fillon enr raison de l'absence de vote sur cette question.

Dans la soirée, l'Elysée a indiqué que Nicolas Sarkozy ne devrait pas  préciser pas lors du sommet de l'Otan qui s'ouvre mercredi à Bucarest le nombre de soldats français envoyés en Afghanistan.

La motion portera sur les renforts militaires en Afghanistan, mais aussi sur l'ensemble des problèmes économiques et sociaux.

François Fillon a annoncé mardi que la France dépêcherait "quelques centaines de soldats supplémentaires" en Afghanistan, qui ne "doit plus jamais redevenir le foyer du terrorisme".
"Les modalités de cet effort ne sont pas encore arrêtées. (...). Ces conditions seront débattues demain et le président de la République précisera, au regard de vos analyses et au vu des conclusions du sommet (de l'Otan), notre engagement", a déclaré le Premier ministre en ouverture du débat sur l'engagement militaire français en Afghanistan.
"Nos forces armées engagées en Afghanistan peuvent être amenées à s'investir davantage dans les échelons du commandement en particulier à Kaboul, dans la formation de l'armée afghane, dans les unités réparties dans les provinces d'Afghanistan", a-t-il précisé.

Un débat animé sur l'Afghanistan
La gauche opposée à l'envoi de nouvelles troupes et réclamant un vote dénonce "l'ersatz de débat" de ce mardi.
A la tribune de l'Assemblée, M. Ayrault, après avoir officiellement annoncé le dépôt d'une motion de censure pour dénoncer "l'alignement stratégique global" de la France sur les Etats-Unis, a réitéré l'opposition du PS à la décision du chef de l'Etat de renforcer les troupes françaises en Afghanistan, car "elle a peu à voir avec l'Afghanistan et beaucoup avec l'obsession atlantiste du président Sarkozy".

La gauche voit sa position confortée par un sondage BVA-Sud-Ouest, selon lequel 68% des Français désapprouvent la décision de Nicolas Sarkozy d'envoyer des renforts en Afghanistan. Seuls 15% des sondés soutiennent cette décision.
Quant à savoir si les Etats-Unis et leurs alliés "ont raison ou tort de faire la guerre en Afghanistan ", les résultats sont analogues: 65% pensent  qu'ils ont tort, 17% qu'ils ont raison et 18% ne se prononcent pas.

Réclamé par tous les parlementaires, qui ont peu apprécié que le chef de l'Etat réserve l'annonce d'un renforcement des troupes aux parlementaires britanniques, ce débat a été accordé, en dernière minute, par le gouvernement qui l'a inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée, avant le sommet de l'Otan qui s'ouvre mercredi.

Pas de vote, contrairement à ce qui s'est passé lors de la guerre du Golfe
Dimanche, François Fillon a tenté de calmer les esprits en annonçant qu'il  présenterait "lui-même" la position de la France aux parlementaires. Mais il a à  nouveau refusé que le débat soit suivi d'un vote. "Il n'y a jamais eu de vote dans notre pays sur l'envoi de forces", a  soutenu le Premier ministre. "Je n'ai jamais vu François Mitterrand demander  l'autorisation du Parlement pour envoyer des forces", "même" lors de la guerre  du Golfe où "il n'y a pas eu de vote", a-t-il insisté.

Une affirmation erronée, puisque M. Mitterrand avait fait organiser un  premier débat, sans vote, en août 1990, lors de l'invasion du Koweit par l'Irak,  et un second, sanctionné par un vote, le 16 janvier 1991, avant l'envoi des  forces françaises.

L'opposition entend bien manifester sa totale opposition à la décision de  renforcer -de quelque 1.000 hommes selon la presse- les 1.600 soldats  actuellement engagés. Invitée du journal de 20 heures sur TF1, Ségolène Royal s'est déclarée "très hostile" à l'envoi de soldats supplémentaires en Afghanistan .
"Un débat sans vote n'a pas de sens", renchérit le député PS Henri Emmanuelli, qui avait interpellé le gouvernement mercredi dernier lors de la séance de questions. "Le Parlement est élu pour contrôler et décider, et pas pour organiser des causeries".

La motion de censure du Parti socialiste
"Nous avons décidé ce matin de déposer une motion de censure qui sera rédigée dans les prochaines heures et qui sera discutée dans les prochains jours en raison de ce changement complet de stratégie (en Afghanistan) et pour protester contre la politique économique et sociale du gouvernement", a annoncé Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC), lors de son point de presse hebdomadaire.
Il a également précisé que cette motion de censure sera déposée en vertu de l'article 49 alinéa 2 de la Constitution.
La motion de censure pourrait être déposée mercredi ou jeudi et examinée le mardi 8 avril, a-t-on appris dans les couloirs de l'Assemblée.

 
La presse souligne les dangers du "piège afghan"

L'Est Républicain, sous la plume de Michel Vagner, souligne que  "l'Afghanistan  est un piège. Y rester, c'est s'exposer. Se retirer, c'est avouer  sa défaite. Se renforcer, c'est accroître les périls."

Dominique Quinio (La Croix) remarquant qu'il "est plus facile d'entrer dans  un conflit que d'en sortir" refuse le désengagement des troupes de l'Otan car se  "serait livrer le pays au chaos."

Beaucoup plus virulent, Patrick Fluckiger dansL'Alsace regrette que Nicolas  Sarkozy fournisse "de la chair à canon française" et souligne que le  rapprochement avec l'Otan "c'est la page du gaullisme qui se ferme et avec elle  cinquante années d'une certaine conception de l'indépendance nationale."

"Paris donne des gages par une plus grande participation aux efforts communs  - et les renforts en Afghanistan  en sont un - en attendant la réintégration de  la France dans le commandement de l'OTAN", remarque Jean-Claude Kiefer pour  Les Dernières Nouvelles d'Alsace.

Daniel Ruiz (La Montagne) estime pour sa part que "seul le peuple afghan  peut vaincre les talibans" et que "la sagesse voudrait que nous nous retirions"  de cet "inextricable bourbier".

Dans Le Progrès, Francis Brochet explique que pour Sarkozy, "en Afghanistan   comme en Irak, se livre la même guerre du Bien contre le Mal". "Espérons avec  lui que nos soldats mourront pour la démocratie et notre sécurité, pas seulement  pour Kaboul ou Kandahar", écrit-il.

Michel Lepinay (Paris Normandie) pose la question: "que fait-on en  Afghanistan ?" alors que "toutes les armées 'd'occupation' le savent: la présence  militaire étrangère renforce toujours les extrémistes qui y trouvent argument  pour justifier leur combat."

Libération, sans approuver explicitement l'envoi de renforts, souligne qu'un  "retrait des Occidentaux (...) serait synonyme d'une victoire militaire des  talibans". Or, écrit François Sergent, lorsque "les talibans s'emparent d'une  ville, ils commencent par détruire les écoles de filles (...) puis imposent leur  loi islamiste". Dans le même journal,  Jean-Pierre Perrin souligne : "Fin 2001, les talibans, haïs par une très large majorité de la population, avaient quasiment disparu. C’est à l’automne 2005 qu’ils reviennent en force. Depuis, ils n’ont cessé de gagner du terrain. En 2007, certains chefs lieux de district sont tombés entre leurs mains en moins d’une heure. "

Quant au Figaro, il écrit, sous la plume d'Yves Thréard : "Des centaines de soldats français devraient bientôt prendre le chemin de l'Afghanistan. Décision lourde du chef de l'État, dont on peut comprendre qu'elle suscite un débat parlementaire. Il est justifié que beaucoup d'élus l'exigent, notamment dans l'opposition, alors que la Constitution ne le prévoit pas. La vie de ces militaires sera exposée puisqu'ils seront au contact direct des forces talibanes, et non dans une traditionnelle mission d'assistance."




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