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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 00:27

La Société générale va "très bien" et Daniel Bouton va beaucoup mieux

Rtr1z9su_comp_4 Daniel Bouton était ce matin à l’Assemblée nationale, où il était interrogé par les députés de la Commission des finances sur la crise des subprimes et l’affaire Kerviel (photo). Sur le fond, le président de la Société générale n’a pas révélé grand chose. Mais sur la forme, cette première sortie publique de Bouton depuis le jour de la révélation de l’affaire, le 24 janvier dernier, –si on excepte ses interventions radio et télé- a permis de constater de visu que sa capacité de rebond était entière. On a retrouvé le Bouton sûr de lui, donneur de leçons et s’adressant des satisfecit. Exemples:

Sur la faillite de son contrôle des risques: "La fraude, dont les conséquences ont été très importantes, ne remet pas en cause notre système de mesure et de valorisation du risque puisque c'était une position complètement dissimulée".

Sur le fait que les opérations dissimulées de Jérôme Kerviel ont pu se dérouler en toute tranquillité pendant des mois: "Je ne m’intéresse pas à cela, mais à l’avenir de la Société générale".

Sur le fait que les banquiers ont acheté des produits subprimes très risqués: "il faut que les investisseurs lisent la notices des produits qu’ils achètent".

Sur la responsabilité de la crise: "il y a quelque chose à changer dans les agences de rating. Elles devraient revoir leur système de notation".

Sur la réputation de la banque, suite à cette perte : "la Société Générale, y compris dans ses activités de marché, va aujourd'hui très bien en ce sens que nous subissons les effets de la crise mais qu'il n'y a pas eu la moindre perte de confiance des centaines d'opérateurs financiers qui travaillent et traitent avec nous".

Il y avait enfin le ton de Bouton, sa gestuelle… Le président de la Socgen n’a pas hésité à contredire certains députés. A propos d’un éventuel resserrement du crédit : "Il n’y a pas de credit crunch Monsieur le député", a-t-il lancé à Gilles Carez. Ironisant : "Si vous avez un bon dossier, venez à la Société générale". Sur un autre sujet, il s’est même permis un clin d’œil à un parlementaire.

Quelle différence avec ses précédentes interventions… Le 24 janvier, c’est blanc et tremblant que Bouton avait annoncé la "fraude". Quelques jours plus tard, sur France 2, il paraissait complètement perdu et abattu. A l’époque, sa démission était en jeu. Depuis, il n’en est plus question.

C’est peut-être bon signe pour les salariés de la Socgen d’avoir un président combatif (surtout quand on est sous la menace d’une OPA). Il n’empêche. Vu son attitude, je n’ai pas l’impression que cette affaire ait servi en quoi que ce soit à améliorer la réflexion de Bouton sur la manière dont le contrôle des risques au sein de sa banque (dys)fonctionne. Et sur la probabilité qu’un tel événement se reproduise.

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commentaires

Archibal Haddock 11/04/2008 14:49

Vous avez raison de ne pas "lacher" l'affaire sur le scandale de la Société Générale. C'est d'autant plus révoltant qu'un élément n'est pas assez rappelé. La perte imputée à Jérôme Kerviel est venue diminuer d'autant le bénéfice 2007 de la société......et donc l'Impôt sur les bénéfices collecté par l'Etat. Entre un et deux milliards de recettes en moins, ce n'est pas rien et il est dés lors mensonger de dire que le contribuable n'est pas affecté par cette sombre affaire.....

jean schepman 12/04/2008 00:20


un à deux milliards d'impot ??? vous etes sur ??
merci de votre avis trés précieux
jean schepman