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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 12:25
MATIERES PREMIERES.

La flambée des prix agricoles inquiète la Banque mondiale Daniel Rosenweg

dimanche 13 avril 2008 | Le Parisien

L'envolée des prix du riz, du blé et autres céréales provoque des émeutes de la faim en Afrique, en Haïti et en Asie. Un sujet qui préoccupe la Banque mondiale et le Fonds monétaire international réunis ce week-end à Washington.

ALORS que les Bourses occidentales chavirent sous les vagues inflationnistes du pétrole et le ressac de l'immobilier américain, à l'autre bout du globe, des populations entières subissent ce que d'aucuns appellent déjà un « tsunami humanitaire ». Un peu partout, des émeutes de la faim réclament simplement le droit à s'alimenter, en Haïti, en Egypte, aux Philippines, au Cameroun, au Sénégal, au Mexique, en Indonésie, à Madagascar... Les manifestations se sont multipliées contre la hausse du prix des produits de première nécessité, particulièrement du blé et du riz, laissant parfois derrière elles des morts.

Hier, le président haïtien, René Préval, a annoncé une baisse du prix du riz dans le pays pour tenter d'apaiser la population, et le Premier ministre a été renversé. Un phénomène que le FMI et la Banque mondiale, plus soucieux d'équilibre économique que d'alimentation, vont devoir évoquer lors de leur réunion commune prévue ce week-end. Hier à Washington, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a souligné que la hausse des prix alimentaires pourrait avoir de terribles conséquences pour la planète entière. « Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim... » a-t-il mis en garde. Un rapport des Nations unies dresse une liste de trente-sept pays « actuellement confrontés à des crises alimentaires ». Dans la plupart de ces pays, les dépenses d'alimentation représentent plus de 60 % des revenus, contre 15 % en France. Or, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui tire la sonnette d'alarme, l'assure : « En 2008, la facture des importations céréalières des pays les plus pauvres du monde devrait augmenter de 56 %, voire 74 %, pour les pays à faibles revenus après une hausse significative de 37 % en 2007. »

Comment tout cela est arrivé. C'est une succession d'événements avec, au départ, une mauvaise météo au printemps 2007, et donc de mauvaises récoltes, notamment en Australie qui a perdu 10 millions de tonnes et en Ukraine. Ceci a entraîné une réduction volontaire des exportations des pays producteurs, dont la Russie pour le blé ou la Thaïlande pour le riz. Dans le même temps, on a enregistré une poussée de la demande mondiale, la population augmentant et les nouvelles classes moyennes indiennes et chinoises occidentalisant leur alimentation. Le tout a été couronné par une hausse des tarifs du fret, associée à celle du pétrole.

Pourquoi cette pénurie. Jean Ziegler, auteur de « l'Empire de la honte » et rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation, considère que la situation a des causes avant tout structurelles. Selon lui, par exemple, les pays pauvres et endettés ont été contraints par les organismes officiels internationaux, comme le FMI, à produire des matières premières exportables, telles que cacao, coton, pour rétablir l'équilibre de leur balance commerciale, « au détriment des besoins locaux ». Ces pays sont donc tributaires des cours mondiaux. A côté, la montée en puissance des biocarburants a détourné des millions de tonnes de céréales du circuit alimentaire. Ainsi, 11 % de la production du maïs américain sont dorénavant consacrés à la production d'éthanol. Par ailleurs, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a dénoncé cette semaine « les aides au développement des pays de l'Union européenne qui ont baissé en 2007 pour la première fois depuis l'an 2000 ». Elles se sont élevées à 46,1 milliards, contre 47,7 un an plus tôt. La France figure parmi ceux qui ont réduit leur contribution.

Et l'avenir ? Vendredi, sur France Inter, Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France au Sénégal et ancien président d'Action contre la faim, était pessimiste: « Il faut cinq ans pour que des terres non cultivées produisent à nouveau. » La situation est compliquée par le fait, selon la FAO, que « les stocks mondiaux sont épuisés ». Il semble donc que tout dépende plus que jamais, en ce printemps... de la météo.

 

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Published by jean schepman - dans développement durable
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commentaires

arnaud 14/04/2008 16:18

Nous avons aussi à remettre en cause notre façon de produire et de commercer. Arretons avec une agriculture productiviste et concentrée pour retravailler sur une agriculture de proximité et diversifiée qui remet au coeur de ses préoccupations l'agriculteur indépendant (son statut et sa rémunération) et la nature (sa protection). Favoriseons les cicrcuit court et le bio. Revoyons aussi nos échanges avec le sud. Arrêtons là aussi d'imposer NOS normes de sociétés "riches" (mais de plus en plus inégalitaires). Les OGM et mosanto  en sont un bon exemple...  Et ne croyons pas à la recette miracle des agrocarburants (un désastre) qui profiterons là aussi aux pays riches au détriment encore une fois des plus pauvres. La terre peut encore nourrir les hommes même au delà au 6 milliards d'être humain, mais pour cela il faut changer de cap...

jean schepman 15/04/2008 11:39


tout à fait d'accord !!!
une bonne nouvelle des ateliers du Grenelle (parmi beaucoup de mauvaises ):
la filière agro carburant va etre abandonnée .


Laurent 14/04/2008 13:21

Le FMI est largement responsable de cette situation. Il a toujours privilégié les interets des banques occidentales au détriment de ceux des populations des pays pauvres. Les productions qui leur ont été imposées ont pour seul objectif l'enrichissement des sociétés de négoce sur les matières premières, tout en obligeant les paysans des pays pauvres à acheter pour se nourrir les excedents de production des pays du Nord.J'ose esperer qu'un homme de gauche à la tête du FMI aura la volonté de remettre l'etre humain à sa place devant les puissances financières. En aura t il les moyens ?

jean schepman 15/04/2008 11:40


et le veut il vraiment ???