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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 01:11

 

OGM: le coup de colère du sénateur Le Grand

Marion Festraëts

Indigné et écœuré, le sénateur de la Manche, président du groupe de travail sur les OGM du Grenelle de l'environnement, dénonce les méthodes des élus de son propre camp dans une lettre virulente adressée au président du groupe UMP du Sénat. Il refuse notamment de "céder aux fatalités et notamment, dans le cas présent, à celle d’un monde selon Monsanto!"

Dans une lettre adressée le 8 avril à Henri de Raincourt, président du groupe UMP du sénat, que LEXPRESS.fr s'est procuré (CLIQUEZ ICI POUR EN LIRE L' INTEGRALITE), le sénateur UMP et président du conseil général de la Manche Jean-François Le Grand, président du groupe de travail sur les OGM du Grenelle de l'Environnement puis de la Haute Autorité provisoire sur les organismes génétiquement modifiés, fait part de son "indignation" et de sa "révolte" face au comportement des élus de son propre camp lors de l'examen de la loi OGM par le Sénat.

Dénonçant le travestissement de sa pensée par les parlementaires favorables à la culture des OGM, et notamment du maïs MON 810 commercialisé par la firme Monsanto, Jean-François Le Grand, connu et respecté pour son expertise et sa mesure, affirme avoir "tout fait pour que la connaissance reprenne toute sa force, notamment en la nourrissant, cette connaissance, d’une réflexion scientifique pluridisciplinaire".

"Il y a déformation de mes propos lorsque j’entends que l’on me qualifie d’anti-OGM. Je vous redis ici ce que je n’ai jamais cessé de dire sur les OGM et ma position est claire: 'oui à la recherche dans toutes les directions quand elle permet d’améliorer la santé humaine, donc oui à  la recherche sur les organismes génétiquement modifiés'. Par contre, avant d’envisager toute mise en culture de ces organismes, il est crucial de vérifier que la santé humaine comme la biodiversité ne sont pas mises en danger et nécessaire de s’interroger sur le supposé intérêt économique, si souvent avancé par certains. Cet intérêt économique est-il valable pour tous ou
pour quelques-uns? La question mérite d’être posée", écrit le sénateur.

"On l’a exécuté, mais il bouge encore"
"Lorsque
la haine et la méchanceté s’associent ainsi, j'éprouve un sentiment de mépris total à l'égard du ou des auteurs pour lesquels je ressens encore, malgré tout, plus de pitié que de mépris", souligne-t-il, écrivant encore: "Je pensais que ces techniques de caricature et de désinformation appartenaient à des temps révolus ou à des régimes politiques disparus... Leur utilisation est sans doute en rapport avec des sentiments de rejet nourris à mon égard. J’ignore les raisons profondes de ce rejet. Peut-être viennent-elles, pour l’essentiel, du fait que je me suis investi très fortement dans le processus du Grenelle et que d’aucuns en aient éprouvé du ressentiment."

Soulignant son attachement au gaullisme, vécu comme un "combat pour l’homme", dans lequel "c’est l’économie qui est au service de l’homme et non l’inverse, d’où [son] regard extrêmement critique à l’égard du libéralisme", Le Grand martèle son "refus passionné de ne jamais céder aux fatalités et notamment, dans le cas présent, à celle d’un monde selon Monsanto!" Cet ancien vétérinaire affirme que "notre société, aujourd’hui, a plus besoin que jamais de vérité, de transparence, de franchise, éléments indispensables pour retrouver la sérénité".

Faisant allusion aux propos du rapporteur de la loi devant le Sénat, l'UMP pro-OGM Jean Bizet, tenu devant les caméras de la chaîne Public Sénat lors du vote en première lecture au Palais du Luxembourg ("On l’a exécuté, mais il bouge encore"), Jean-François Le Grand reprend: "Ma liberté de pensée, ma liberté
de parole et, tout simplement, la liberté qui est le fondement de la démocratie, continueront de «bouger encore», tout le temps que j’en aurai la force."
Jean-François Le Grand a annoncé qu'il ne participerait pas aux débats en deuxième lecture au Sénat.

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Published by jean schepman - dans développement durable
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