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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 19:54
Le gouvernement reporte après 2012 le rééquilibrage des comptes
AP | 26.09.2008 | 18:59

Le gouvernement met en chiffres le discours de crise de Nicolas Sarkozy. Le budget 2009, présenté vendredi, enterre discrètement l'engagement présidentiel de ramener les comptes publics à l'équilibre à la fin de son quinquennat.

Le projet de loi de finances prévoit un déficit de 52,1 milliards d'euros, stabilisé à 2,7% du PIB.

La préparation de ce deuxième budget sous la présidence de Nicolas Sarkozy a été un casse-tête pour le gouvernement. L'aggravation soudaine de la crise financière l'a conduit à revoir en catastrophe les prévisions optimistes qu'il faisait encore en juillet.

Le ministre du Budget Eric Woerth a construit ce budget sur une hypothèse prudente de croissance de 1% l'an prochain, le même niveau qu'en 2008. Cette prévision, au point bas de la fourchette de 1 à 1,5% retenue par la ministre de l'Economie Christine Lagarde, est proche du consensus des économistes privés (0,8%). "Jamais un budget n'a été présenté sur de telles bases de vigilance et de prudence", a résumé M. Woerth, défendant un "budget-vérité".

Le gouvernement, tenu de respecter ses engagements européens, tout particulièrement dans cette période de présidence française de l'UE, a en revanche opté pour le volontarisme dans sa prévision de déficit. Alors que les économistes s'attendent à un déficit public au delà de la limite des 3% fixée par le pacte de stabilité, le budget affiche un solde de 2,7% du PIB, comme en 2008.

Cette stabilisation cache une dégradation. En raison du coup de frein de la croissance, le déficit prévisionnel pour 2008 a été revu à la hausse, à 49,4 milliards d'euros, contre une prévision de 41,7 milliards l'an dernier lors de la présentation du budget.

Cette "vérité" sur le déficit conduit le gouvernement à reporter son objectif de retour à l'équilibre. Alors qu'il s'était engagé jusque là sur la date de 2012, le budget pluriannuel 2009-2012 présenté pour la première fois vendredi prévoit un déficit à 0,5% du PIB pour la dernière année du quinquennat, à condition que la croissance reparte à 2,5% par an à partir de 2010. Cet objectif de 0,5% est "admis par la Commission européenne comme aux alentours du point d'équilibre", a assuré Mme Lagarde.

Nicolas Sarkozy a exclu toute politique "d'austérité" passant par une augmentation des impôts, mais aussi, du moins pour l'immédiat, un plan de relance. Résultat: le gouvernement ne peut que miser sur la maîtrise des dépenses pour contenir le déficit.

Les dépenses ne progresseront pas plus vite que l'inflation en 2009, soit 2%. Les ministères seront mis au régime sec. Les seules exceptions seront l'Enseignement supérieur et la recherche, dont les moyens progressent de deux milliards, les mesures liées au Grenelle de l'environnement et le revenu de solidarité active (RSA).

Comme annoncé, 30.627 emplois seront supprimés dans la Fonction publique grâce au non-remplacement de près d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux.

La Sécurité sociale et les collectivités locales seront associées à cet effort. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) présenté lundi prévoiera de ramener à 8,6 milliards le trou de la Sécu. Les dotations de l'Etat aux collectivités ne progresseront pas plus vite que l'inflation.

Le "paquet fiscal" ayant mangé en 2007 toutes ses marges de manoeuvre, ce budget contient peu de mesures fiscales. Le budget propose de plafonner les niches fiscales qui ne le sont pas encore. Eric Woerth a promis d'être "ouvert" lors du débat parlementaire aux amendements de l'UMP sur le plafonnement global promis pour contribuer au financement du RSA.

Ce débat, à partir du 21 octobre à l'Assemblée, s'annonce animé, au vu des premières réactions. Le PS a dénoncé "un véritable plan de rigueur". Pour le président socialiste de la commission des Finances Didier Migaud, ce budget "confirme l'abandon des promesses électorales de 2007".

"Un budget de rigueur, ce sont des coupes sombres et des hausses massives d'impôt. Ce budget ne contient ni les unes ni les autres", a répondu M. Woerth. AP

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