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28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 10:45
DSK : « réglementer
les marchés financiers»
Samuel Laurent (lefigaro.fr) avec le JDD
27/09/2008 | Mise à jour : 19:34 |
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Le patron du FMI estime qu'il est temps de réformer le système financier mondial, mais critique la position de Nicolas Sarkozy sur le déficit.

Plutôt discret jusqu'ici, Dominique Strauss-Kahn a choisi le Journal du Dimanche pour s'exprimer sur la crise financière. Le patron du FMI estime, dans une interview à paraître dimanche dans l'hebdomadaire, qu'il est temps pour une réforme du système financier mondial.

«Pour l'instant, on éteint l'incendie. C'est ce qu'il faut faire dans l'immédiat, et c'est ce que font les autorités américaines. Mais après, nous devrons tirer les conséquences de ce qui vient d'arriver: donc réglementer très précisément les institutions et les marchés financiers», explique le président du Fonds monétaire international.

Pour lui, le «ralentissement durable de la croissance mondiale» qui se profile va «être difficile pour l'Europe et parfois plus dur encore dans certains pays pauvres». Mais, rassure DSK, «l'économie réelle ne s'effondre pas. Les monnaies ne basculent pas. Les banques centrales parviennent à gérer la crise financière».

Cependant, estime l'ancien responsable socialiste, il est temps de «réformer», car le risque, «quand la crise financière sera maîtrisée, c'est qu'on revienne aux vieilles habitudes» de flou et de laisser faire. Selon DSK, «c'est parce qu'il n'y avait ni règle, ni contrôle -ou pas assez de règles et de contrôles- que cette crise est née». Ce contrôle, précise-t-il, le FMI est prêt à l'exercer, si le mandat lui en est donné.

 

DSK opposé à Sarkozy

Le patron du FMI soutient touefois le plan Paulson, toujours en discussion au Congrès: «Jusqu'ici, on a résolu les problèmes à mesure qu'ils se présentaient. Maintenant, il faut les attaquer globalement. Ce sont les 700 milliards de dollars du plan Paulson. Ce plan est bienvenu, parce qu'il est global. Mais il doit être le premier acte d'une action politique internationale».

Dominique Strauss-Kahn reste cependant prudent à son sujet : «Les politiques injectent de l'argent public pour éviter que tout l'édifice financier s'écroule, parce que c'est la stabilité de nos économies qui en dépend. Mais ensuite, il faut réformer. Sinon, s'imposera l'idée du puits sans fond, de l'Etat qui vole au secours des managers incompétents et des spéculateurs cupides».

Une idée qui semble déjà gagner les Etats-Unis. Dans son allocution radiophonique hebdomadaire, le président Bush a dû expliquer à ses compatriotes qu'il comprenait leur sentiment : «cela ne semble pas équitable», a-t-il lancé, ajoutant : «S'il était possible de laisser plonger toutes les sociétés irresponsables de Wall Street sans que cela vous touche, vous et votre famille, je le ferais».

Autre prise de position de Dominique Strauss-Kahn : son opposition à l'idée de Nicolas Sarkozy d'assouplir les règles budgétaires européennes. S'il rappelle qu'en tant que patron du FMI, il n'a pas à s'exprimer sur la situation économique de son propre pays, DSK estime que l'idée, exprimée par le chef de l'Etat, d'assouplir les règles européennes en matière de déficit, est mauvaise. «S'il faut ajouter à l'anarchie financière le laisser-aller budgétaire, on jouera à l'envers. On ne va pas ajouter de l'endettement à l'endettement !».

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