
Jean SCHEPMAN
Conseiller Général du Canton d'Hondschoote depuis 1994
Vice-Président du Conseil Général Chargé de l’Environnement,
du Cadre de Vie, de la Politique de Préservation de l’eau, et de l'Agenda 21
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Le gouvernement actuel casse notre service public d'enseignement !
GREVE DES ENSEIGNANTS.
"Plus d'un enseignant sur deux" était en grève jeudi dans les collèges et lycées, a annoncé le Snes-FSU (majoritaire) et 69 %
des professeurs des écoles étaient en grève en primaire, selon le SNUipp-FSU.
Pour le ministère, 33,39% des enseignants sont en grève (48,62% en primaire et 21,26% dans le secondaire).
Il s'agit du quatrième mouvement dans la fonction publique et les écoles en deux mois contre les diminutions
d'effectifs. La quasi-totalité des syndicats enseignants du primaire (public et privé) et du secondaire (de la CGT au Snalc), ainsi que le Snesup (premier dans l'enseignement supérieur) ont
appellé à faire grève et à manifester.
La mobilisation s'inscrit dans une semaine sociale marquée par les négociations et menaces de grèves vendredi et dimanche à la SNCF, les manifestations de milliers de policiers mardi à Lyon et
des personnels de La Poste samedi.
Les manifestations
Des manifestations étaient prévues
dans toute la France à l'occasion de la grève des enseignants.
Des milliers d'enseignants et de lycéens ont défilé le matin dans les grandes villes de l'Ouest. Ils étaient 5000 (selon la police) à 10.000 ou 12.000 (selon les organisateurs dans les rues de
Nantes, 3000 à 5000 à Caen, 3400 à 6000 au Mans, plus de 4000 à Rennes.
A Strasbourg, ils étaient 2400 à 5000 à manifester derrière une banderole "Une école, un pays, un avenir - Défendons l'école publique".
Darcos fustige la "résistance" des syndicats ... qui répondent.
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a brocardé jeudi sur RTL les syndicats de l'Education nationale. Depuis 2000, a affirmé le ministre "nous aurons eu 33 grèves, soit plus de quatre grèves par an". "Cela montre qu'il y a dans ce ministère une culture de la grève qui nous empêche de parler des choses réelles, des questions qui concernent les élèves", a-t-il poursuivi. "J'ai envie de dire à ceux qui font la grève qu'il faut qu'ils fassent attention parce que le monde, la France avancent plus vite que les cortèges"
Pour lui, "organiser de manière aussi systématique et si répétitive comme réponse aux problèmes de l'école des protestations, des
refus (...) est une (façon) démodée d'aborder les problèmes". Reconnaissant que la grève qu'il "entendait" allait être "importante", M.Darcos a fustigé "la résistance des cadres
syndicaux". C'est "la preuve, a-t-il dit, que ce que nous faisons est efficace". Il a prédit qu'il y aurait "moins d'un gréviste sur 2 dans le second degré".
"Par définition, depuis que nous organisons le travail à l'Education nationale, il y a une résistance des appareils qui n'est pas celle des professeurs. Les professeurs méritent mieux
que d'avoir des syndicats dont la fonction principale est d'organiser la résistance au changement comme si le monde ne changeait pas autour de nous", a-t-il poursuivi.
Selon lui, "les Français auront le sentiment d'avoir vu cela 30 fois". "La casse du service public, le manque de moyens, la colère des personnels, le ministre qui n'entend pas, le mépris. Combien
de fois, a-t-on entendu cela depuis une trentaine d'années ?"
Sur les suppressions de postes et le service minimum
S'agissant des suppressions de postes, Xavier Darcos a répété que "la question" était celle "des services" rendus par l'Education
et de l'amélioration de la rémunération des enseignants. "Avoir de nouveaux services oui, mieux payer les enseignants oui. On va dépenser 410 millions d'euros pour améliorer la
condition des enseignants", a-t-il dit.
Interrogé sur le service minimum d'accueil dans le primaire que nombre de communes de gauche n'appliqueront pas, il a fait valoir qu'il s'agissait "d'une pure question politique". "Il y a
des mairies de gauche où les parents vont avoir la double peine (pas d'accueil des enfants, prise d'un jour de congé pour les parents), des communes de gauche où il y a les congés
forcés". "Je ne vois pas pourquoi il y aurait les congés forcés Delanoë à Paris et les congés forcés Collomb à Lyon", a-t-il dit.
Quant aux sanctions infligées aux communes ne mettant pas en oeuvre le SMA, il a affirmé que "dans certaines villes du Sud, les tribunaux administratifs ont créé des astreintes de
10.000 euros par heure pour les villes qui ne le feront pas".
L'Unsa-Education réagit
Selon l'Unsa-Education, le ministre de l'Education "continue à ne pas regarder ce qu'expriment" ceux qui "veulent changer le
système éducatif". Pour le syndicat, "le ministre continue de s'enfermer dans ses certitudes. Il maintient sa volonté d'amplifier les suppressions de postes". "Il continue à ne pas regarder
et entendre ce qu'expriment les personnels et les organisations qui les représentent, qui veulent 'changer' le système éducatif en le renforçant et non en l'affaiblissant comme
l'entreprend le ministre".
"Le 'changement' qu'il prétend incarner tourne autour de quelques termes: régression des moyens, recul des ambitions, déficit majeur de négociations", a ajouté
l'Unsa-Education. "Le ministre ne manque pas d'air. Il utilise la raillerie, la disqualification des interlocuteurs et se proclame le défenseur du 'changement' face au
'conservatisme' des syndicats et des personnels".
Des dizaines de milliers de postes supprimés
A l'heure où des milliards d'euros ont été mobilisés pour soutenir les banques, les enseignants déplorent le
manque de moyens pour l'éducation et les suppressions de postes d'enseignants (8.500 en 2007, 11.200 en 2008, 13.500 en 2009), notamment ceux des maîtres spécialisés pour les
enfants en difficulté (Rased).
Ces mesures se traduisent selon eux par une dégradation des conditions de travail et annoncent un "recours massif à la précarité", en l'absence de revalorisation générale des
enseignants.
A cela s'ajoutent, à leurs yeux, le manque de dialogue social du ministre et son "mépris". "Les collègues sont excédés de la façon dont le ministre les traite, de la mise en cause de
leur professionnalisme, des pressions administratives quotidiennes", dit le syndicat SE-Unsa. Des manifestations sont prévues à Paris et en région.
Lycéens de l'UNL et étudiants de l'Unef appellaient aussi à la mobilisation.
Depuis la rentrée, Xavier Darcos assure que les diminutions de postes ont pu être gérées "sans pénaliser le système éducatif", que les grèves et manifestations se répètent chaque année
et sont loin de représenter l'ensemble du corps enseignant. Néanmoins, selon un sondage Ifop, 69%
des personnes interrogées avaient jugé "justifiée" la manifestation du 19 octobre contre les suppressions de postes.
Il n'a toujours pas compris, Darcos, que si les enseignants étaient en grève, c'était pour que chaque élève soit capable de faire une règle de trois.
Marc.