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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 10:00

Merci à  Marc P

Sur Arte, ce soir à 21h00, un documentaire captivant sur l'altération de la fertilité masculine dans le monde et les soupçons qui pèsent sur notre environnement chimique.
 

«Les problèmes de l’appareil reproducteur masculin sont aujourd’hui potentiellement aussi graves que le réchauffement climatique», assène le professeur danois Niels Skakkebaek, directeur de recherche à l’hôpital universitaire de Copenhague, l’un des principaux intervenants du captivant documentaire présenté par Arte ce soir, «Mâles en péril».

Dans les pays industrialisés, on observe depuis cinquante ans une diminution de l’ordre de 50 % du nombre et de la qualité des spermatozoïdes, un doublement de l’incidence du cancer des testicules et une multiplication de certaines malformations génitales chez l’homme. Ce que retrace le documentaire de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, c’est l’extraordinaire aventure de la poignée de chercheurs, européens et américains qui ont tenté, depuis quinze ans, de comprendre et de relier ces faits, puis de les expliquer.

Des molécules qui miment nos hormones

Au banc des accusés, de nombreuses molécules chimiques auxquelles nous sommes tous exposés dans notre vie quotidienne et qui interagissent avec les hormones, perturbant certaines fonctions : croissance, développement, comportements, reproduction, production, utilisation et stockage de l’énergie.

Baptisées «perturbateurs endocriniens», ces molécules de synthèse peuvent imiter, gêner, voire entraver l’action d’une hormone naturelle. Il s’agit, par exemple, des PCB, des retardateurs de flamme, des phtalates, des pesticides ou encore d’œstrogènes synthétiques comme le bisphénol A, utilisé notamment dans la fabrication d’un plastique dur transparent, le polycarbonate, que l’on trouve dans de nombreux produits de consommation comme les bouteilles d’eau et les biberons. Et dont le Canada vient de limiter l’utilisation.

Et plus généralement des 85 000 molécules chimiques mises sur le marché depuis cinquante ans et dont on ignore l’impact sur la santé et l’environnement.

La surprise des chercheurs

Avec sobriété mais efficacité, ce documentaire en forme de thriller scientifique montre comment l’hypothèse de la responsabilité de ces molécules s’est peu à peu construite, malgré les pressions des industriels et l’incrédulité d’autres scientifiques. Comme un puzzle, avec des éléments complètement épars, que personne n’aurait songé à relier, et d’abord, toujours, la surprise des chercheurs, le refus de croire à leurs résultats tant ce qu’ils découvraient bouleversait les connaissances.

«Les scientifiques que nous avons rencontrés et filmés dans cette enquête sont des personnages étonnants», soulignent les réalisateurs sur le site d’Arte. «Face à des données inattendues, ils ont su se remettre en cause et être créatifs ; au moment de publier leurs résultats, ils ont su résister aux pressions des industriels. Aujourd’hui, ils n’hésitent pas à sortir de leurs laboratoires pour porter le débat sur la place publique.»

Reach, un tournant

Car, ajoutent les réalisateurs, la découverte de ces «perturbateurs endocriniens» interroge. «En premier lieu, les pouvoirs publics: comment contrôle-t-on les milliers de molécules chimiques fabriquées par l’homme depuis 50 ans ? Des molécules lancées sur le marché avec pour seules analyses… celles effectuées par les industriels eux-mêmes.»

En 2006, et malgré un lobbying intense de l’industrie chimique pour l’empêcher, un tournant s’est néanmoins produit, avec l’adoption par l’Union européenne de la directive Reach, qui révise tout le système d’homologation des molécules chimiques en Europe et inverse la charge de la preuve en obligeant les industriels à prouver l’innocuité de leurs produits. Reste à l’appliquer évidemment, ce qui prendra du temps. Et ne dispense pas les pouvoirs publics de limiter l’utilisation des produits suspects d’ici là.

 

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commentaires

M
A consulter aussi:<br /> http://www.mdrgf.org/news/news241108_raisin_supermarche_pesticides.html<br /> <br /> Marc.<br />
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M
La vilaine faute!<br /> <br /> Il faut lire "le débat qui a suivi" et non "le débat qui a suivit".<br /> <br /> Marc.
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M
<br /> Bonjour,<br /> Ben dis donc, Jean, tu as du boulot à faire au Grenelle de l'environnement.<br /> Je ne sais si tu as suivi cette émission et le débat qui a suivit, mais nous avons une secrétaire d'Etat chargée de l'écologie complètement à côte de la plaque.<br /> Au lieu d'annoncer des mesures fortes, Nathalie Kosciusko-Morizet nous encourage à manger bio, et pour les femmes enceintes à mettre des cosmétiques bio. De plus NKM préconise à chaque personne qui a des doutes sur un produit d'utiliser internet pour avoir la réponse à sa question. Comme si tous les français avaient internet! Et comme si Internet était fiable pour ce type de renseignement! Visiblement, NKM ne sait pas ce que l'on peut trouver sur "la toile"!<br /> Ce qui a un peu agacé l'animatrice de cette émission qui lui a dit: mais c'est cher, le bio!<br /> Réponse de NKM: ce n'est pas si cher que cela. <br /> Quand on sait que de plus en plus de gens ont peine à terminer les fins de mois (parfois à terminer la première quinzaine du mois...)....<br /> Bref, si tu n'as pas regardé l'émission, sache que 0+0+0 ça ne fait pas toujours zéro!<br /> En effet chaque produit nocif, pris individuellement et administré en petite quantité, ne nuit pas à la santé.<br /> Mais si tu prends ces mêmes trois produits nocifs toujours en petite quantité, tu obtiens un cocktail détonant!<br /> <br /> Site à consulter: celui du Docteur François Veillerette, Mouvement pour le droit et le respect des générations futures: <br /> http://www.mdrgf.org/<br /> Pour tous ceux qui n'ont pu voir ce reportage: des extraits vidéos sur:<br /> http://www.arte.tv/fr/accueil/2293846.html<br /> Rediffusions : (à vérifier!) 26.11.2008 à 02:00 29.11.2008 à 09:40 13.12.2008 à 05:00 Les mâles en péril<br /> <br /> Marc.
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J
<br /> merci Marc !<br /> <br /> <br />