Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 23:31
A l'UMP, le ciel n'est pas si bleu

 Alors que l'UMP ironise depuis plusieurs semaines sur les divisions au Parti socialiste, plusieurs tensions se font sentir sentir au sein de la majorité. Et avant de remanier en profondeur l'équipe de François Fillon – perspective semble-t-il plus lointaine qu'attendu –, le chef de l'Etat aimerait remettre de l'ordre dans sa formation politique. "L'UMP doit commencer à retravailler sur les idées qu'elle devra défendre en 2012. On est à moins de trois ans des élections (présidentielle et législatives) et le programme de 2012 ne sera pas celui de 2007", note-t-on à l'Elysée.

Patrick Devedjian "exfiltré" avec les honneurs de la direction du parti en prenant le poste de ministre chargé du plan de relance doit avoir un successeur. Une question qui sera réglée lors du conseil national du parti le 24 janvier. "Ce qui est envisagé, c'est que Xavier Bertrand devienne secrétaire général de l'UMP. La question, c'est : 'est-ce qu'il reste au gouvernement ou pas?'", déclare un ministre, à propos de son collègue du ministère du travail, précisant que Nicolas Sarkozy "a exigé que Bertrand se réconcilie avec Brice Hortefeux, ce qui est à peu près fait, ou en tout cas les apparences sont sauves".

NE PAS "S'EMBALLER"

Il faut dire que depuis vendredi, les spéculations sur la succession de Patrick Devedjian ont souvent fait du ministre de l'immigration le favori pour le poste. Dimanche 7 décembre, sur Europe 1, M. Bertrand a déclaré qu'il ne fallait pas "s'emballer". "Dans les journaux, on a dit tout et son contraire pendant 48 heures. Il y a les conditions de l'intérim de Patrick Devedjian qui vont être précisées dans les jours qui viennent". Interrogé à plusieurs reprises sur son éventuelle nomination à la tête de l'UMP, il a esquivé : "j'adore les fonctions qui sont les miennes de secrétaire général adjoint de l'UMP. J'adore la science-fiction mais pas la politique fiction, ça ne sert à rien de personnaliser parce qu'à l'UMP, on est vraiment dans une logique d'équipe".

De son côté, Brice Hortefeux a affirmé sur Canal+ qu'il n'était "candidat à aucune fonction". Interrogé sur son éventuelle nomination, il a déclaré : "la fonction est disponible" et "la place, vous savez, n'est pas très enviée". Avant d'ajouter : "moi, c'est très simple, je ne suis candidat à aucune fonction, aucune responsabilité, aucun titre. Ma seule ambition, c'est d'aider le président de la République et en l'aidant, servir mon pays". "Ce sont des principes simples, honnêtes et clairs. Moi, c'est ma marque de fabrique et ma philosophie d'action".

ARRÊTER "LA CHASSE À RACHIDA"

Mais MM. Bertrand et Hortefeux ne sont pas les seuls à spéculer sur le jeu de chaises musicales en préparation. Janvier devrait être le mois des ajustements techniques. avec notamment le départ de Jean-Pierre Jouyet. "Nicolas Sarkozy est plutôt d'attendre les européennes [en juin] pour un mouvement plus important qui pourrait concerner le premier ministre. C'est ça sa ligne actuelle", glisse un ministre membre du "G7" du président.

Il faudra pourtant régler un autre problème, le remplacement prochain de Rachida Dati à la justice.  Sa maternité et ses prises de position, dont plusieurs ont été contredites par Nicolas Sarkozy ou François Fillon, en font la cible des spéculations. Dimanche l'ancien premier ministre UMP, Jean-Pierre Raffarin, lui est venu en aide demandant qu'on arrête "la chasse" à la garde des Sceaux afin de protéger la diversité au sein du gouvernement. Et M. Raffarin de s'en prendre à François Fillon, soulignant que le chef d'une équipe "doit se trouver aux côtés de ceux qui sont exposés au front."

Tout n'est donc pas rose à l'UMP et les ajustements devraient se multiplier dans les mois à venir. Le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, compte quitter le gouvernement en mai pour conduire la liste UMP dans le Sud-Est. Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, pourrait aussi être tentée par l'aventure européenne. A Matignon, on se prépare avec sérénité aux nouveaux défis à venir. François Fillon, qui sait tout de la fragilité des destinées politiques, s'avoue confiant dans la pérennité de son bail, au moins jusqu'à fin 2009. Un membre du gouvernement qui se sait menacé "ne croit absolument pas, en termes politiques, qu'on en soit au remaniement". Avant de lâcher : "Je m'en fous, il y a des enjeux bien plus importants que l'avenir de Pierre, Paul ou Jacques".


 

Partager cet article
Repost0

commentaires