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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 09:49

Un week-end, deux manifestations. La question cruciale du logement a occupé le pavé parisien samedi et dimanche. Hier, près de 300 personnes, dont des familles ayant campé rue de la Banque (IIe arrondissement) à l’automne 2007, se sont rassemblées in situ, et ont mis en place un nouveau campement pour se rappeler au bon souvenir des pouvoirs publics. Des matelas et des sacs de couchage ont été disposés sous deux grandes bâches tendues le long d’un mur à la façon d’un auvent de boutique. Dans la soirée, plusieurs dizaines de personnes s’apprêtaient à passer la nuit sur place.

Exaspération. Mais la présence de forces de police en tenue de maintien de l’ordre laissait présager une évacuation. Le DAL (Droit au logement) a organisé ce rassemblement pour pointer la lenteur du relogement des 374 familles auxquelles l’Etat avait promis une HLM lors des négociations relatives à la levée du campement. Un an plus tard, «seules 141 familles ont été relogées, 233 sont toujours en attente d’un logement pérenne», indique un bilan dressé par l’association. Des chiffres grosso modo confirmés par le ministère du Logement, qui fait état de «170 attributions» et de 135 familles déjà relogées.

En revanche, 55 propositions de logements auraient été refusées. Ce qui fait dire au ministère que «l’Etat tient ses engagements». C’est aller vite en besogne : quels que soient les chiffres retenus, plus de la moitié des familles n’ont rien vu venir. Nombre d’entre elles, présentes hier, témoignaient d’une exaspération non feinte.

«Baratin». La veille, dans le quartier des ministères, près de 2 000 personnes avaient bravé la pluie et le froid, pour défiler contre la loi «mobilisation pour le logement» de Christine Boutin, aux cris de «Sarkozy, Boutin, assez de baratin». Prévu cette semaine, l’examen de ce texte par l’Assemblée nationale a été reporté à janvier en raison d’une surcharge du calendrier parlementaire. Mais, cet ajournement n’a pas démobilisé les associations de locataires et les syndicats (CGT, CFDT, FO, CGE-CGC…). Pour la première fois, ils se sont mis ensemble pour récuser le désengagement de l’Etat dans le logement avec une baisse des crédits budgétaires de 7 % en 2009. Une décision surprenante, puisque la pénurie de logements demeure dans les grands bassins d’habitat (Ile-de-France, Nord, Paca…), et que cette rareté fait monter les loyers. D’où la mobilisation des syndicats conscients désormais que la dépense logement est une donnée clé s’agissant du pouvoir d’achat des salariés.

«A Bercy, ils se sont comportés comme des comptables, pointait dans le cortège Jean-Louis Berho, secrétaire confédéral de la CFDT. Ils ont coupé des crédits sans mesurer les conséquences économiques et sociales.» A priori, l’Etat serait prêt à remettre de l’argent dans l’habitat avec le plan de relance. Mais tout reste encore à préciser.

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commentaires

M
Les déclarations de Boutin tournent toujours...en eau de boudin...Marc.
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J
<br /> boutin t'as marre ?<br /> <br /> <br />