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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 00:00

Arnaud Montebourg : "La France est une Cocotte-Minute 
LE MONDE

 

Comment jugez-vous la fin de la présidence française de l'Union européenne ?

Il y a une avancée sur les questions climatiques, mais il faut maintenant passer aux travaux pratiques. Sinon, les Européens risquent de ne pas être à la hauteur de ce qui se prépare du côté des Etats-Unis d'Amérique, sous l'impulsion de Barack Obama. Pour le reste, le bilan est maigre.

 


Et le plan de relance européen ?

Où le voyez-vous ? L'Europe reste incapable de coordonner ses politiques économiques, alors que partout déferlent les plans sociaux. Et la France n'est même pas capable d'appliquer les préconisations de la Commission européenne. Son plan de relance est fictif. Sur les 26 milliards d'euros annoncés, 11 milliards sont des dettes que l'Etat doit aux entreprises, 10 milliards sont des crédits déjà annoncés. Reste à peine 5 milliards de crédits nouveaux, mais qui ne concernent nullement le pouvoir d'achat. C'est le talon d'Achille de Nicolas Sarkozy. Il s'est présenté comme le candidat du pouvoir d'achat, et il ne tient pas ses promesses.

 

 

Vous reprochez à Nicolas Sarkozy d'en faire trop pour les entreprises ?

Nous lui reprochons de ne rien faire pour les ménages, qui sont aujourd'hui totalement abandonnés.

 

 

La crise semble lui profiter. Pourquoi le PS a-t-il autant de mal à le combattre ?

Le président de la République a une aptitude extraordinaire au boniment. Depuis dix-huit mois, nous faisons des propositions, nous les défendons avec constance. Mais les temps de parole sont très déséquilibrés. Mais les temps de parole sont très déséquilibrés. Savez-vous que sur les grandes chaînes privées comme TF1 et M6 le président de la République a vu son temps de parole augmenter de 250 % ?(BOYCOTT TF1!!!)

 
Tout le système médiatique est en train de dériver dans une sorte de prise de contrôle par le pouvoir. On le voit bien avec la réforme de l'audiovisuel public : il est en train de se construire une machine propagandiste qui prépare la réélection de Sarkozy en 2012.

 

 

Si la situation est aussi grave que vous le dites, pourquoi les Français réagissent-ils aussi mollement ?

Les Français sont d'abord préoccupés d'eux-mêmes. Ils doivent boucler les fins de mois, arriver à survivre dans la période actuelle. Alors, les libertés, ça passe après. Mais le sarkozysme est un système qui ne réussit pas sur le plan économique et social. La France est une Cocotte-Minute, avec des tensions sociales extrêmement vives. Sur le terrain, nous assistons à une déferlante de plans sociaux. Le pays est au bord de l'explosion, ce qui doit nous encourager à construire l'alternative en urgence.

 

 

Vous étiez l'un des plus fidèles soutiens de Ségolène Royal en 2007, et vous voilà aux côtés de Martine Aubry. Pourquoi cette mue spectaculaire ?

Je n'ai pas muté. Ma ligne de conviction a toujours été la même : je refuse la présidentialisation du parti. Je reproche à Ségolène Royal d'avoir confondu 2008 et 2012. En 2008, nous avons besoin de reconstruire un parti, nous n'avons pas besoin de désigner un candidat.

 

 

Comment allez-vous conduire la rénovation, alors que le PS reste profondément divisé ?

Certains sujets nous rapprochent. La question des primaires, par exemple. Martine Aubry y est assez favorable. Ségolène Royal aussi.

 

 

Pourquoi refusez-vous obstinément l'alliance avec le MoDem ?

Parce que nous ne savons pas qui est François Bayrou. C'est un objet politique volant non identifié. Il vient de la droite, mais nous ne savons pas où il va. Sur le terrain, il y a plusieurs MoDem. Un MoDem qui fait des accords avec la gauche, comme à Lille, et un MoDem de droite, par exemple en Saône-et-Loire, dans ma circonscription, où son candidat est le président du Medef dans le département. Comment voulez-vous qu'un socialiste fasse un accord avec un président du Medef ?

 

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