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19 décembre 2008 5 19 /12 /décembre /2008 01:46
Sarkozy accuse la gauche de mettre la "pagaille" à l'Assemblée

Par Reuters, publié le 18/12/2008 à 21:47

DARNEY, Vosges - Nicolas Sarkozy a accusé jeudi l'opposition de mettre "la pagaille" à l'Assemblée nationale lors des débats sur la réforme de l'audiovisuel ou le travail dominical, s'attirant les foudres du Parti socialiste.

En marge d'une table ronde sur la ruralité dans les Vosges, Nicolas Sarkozy a accusé l'opposition de mettre la pagaille à l'Assemblée nationale lors des débats sur la réforme de l'audiovisuel ou le travail dominical, s'attirant les foudres du Parti socialiste. (Reuters/Philippe Wojazer)

 

En marge d'une table ronde sur la ruralité dans les Vosges, Nicolas Sarkozy a accusé l'opposition de mettre "la pagaille" à l'Assemblée nationale lors des débats sur la réforme de l'audiovisuel ou le travail dominical, s'attirant les foudres du Parti socialiste. (Reuters/Philippe Wojazer)

Après des débats électriques mercredi soir dans l'hémicycle, l'examen de la proposition de loi sur le travail le dimanche a été reporté au 15 janvier alors que le gouvernement espérait au départ le faire passer avant les vacances de fin d'année.

"L'opposition, si elle a des idées, qu'elle n'hésite pas à les donner pour résoudre les problèmes de la France. Je serai très heureux de les écouter et de les entendre", a déclaré le chef de l'Etat en marge d'une table ronde sur la ruralité dans les Vosges.

"Mais les injures, le blocage systématique, empêcher de voter des textes, empêcher des réformes pour le seul plaisir d'empêcher des réformes, inquiéter des jeunes pour le seul plaisir d'inquiéter des jeunes, ce n'est pas la démocratie, ça c'est la pagaille", a-t-il estimé, en allusion à la contestation de la réforme du lycée, finalement reportée d'un an.

Pour le président de la République, les députés de gauche donnent un mauvais exemple à l'heure où la France est plongée dans les difficultés économiques.

"A l'Assemblée nationale, on s'est un peu énervé. Ce n'est pas toujours un spectacle que peuvent comprendre les Français qui souffrent de la crise de voir les gens s'insulter, s'invectiver", a-t-il dit.

LES SOCIALISTES RÉAGISSENT

Mardi, lors des derniers débats sur la réforme de l'audiovisuel, les députés socialistes ont brandi dans l'hémicycle des affichettes portant l'acronyme ORTS pour "Office de radio et de télédiffusion sarkozyenne".

Mercredi, pour la séance de questions d'actualité, ils arboraient sur leurs vestes un autocollant rouge proclamant "oui au repos le dimanche".

"Je ne pense pas qu'en s'agitant avec des pancartes et avec des badges sur les bancs de l'Assemblée nationale, on rende particulièrement fiers les électeurs qui ont voté pour vous", a estimé Nicolas Sarkozy.

"Les gens n'ont pas voté pour nous pour voir un combat de boxe, pour donner un spectacle un peu ridicule et un peu paradoxal", a-t-il souligné.

"L'inventeur de la présidence-spectacle n'aime pas que l'opposition parlementaire lui fasse de l'ombre", lui a répondu, dans un communiqué, Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste de l'Assemblée.

"Non content de tout régenter dans l'Etat, le voilà maintenant qui veut dicter la manière dont l'opposition doit se comporter", ajoute-t-il en rappelant au président de la République "qu'il n'est pas le président de l'Assemblée nationale".

"Ce n'est pas l'opposition qui sème la pagaille. C'est cette frénésie de réformes inutiles, bâclées et bourrées d'injustices. C'est l'incapacité d'écouter tous ceux qui ne pensent pas comme lui", a conclu Jean-Marc Ayrault. "Alors oui, ne lui en déplaise, l'opposition se fait entendre. Et elle continuera de le faire. Sans lui demander la permission."

Yann Le Guernigou, édité par Yves Claris

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commentaires

M
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Quand Villepin dézingue Sarkozy…<br /> Invité hier matin de France Inter, Dominique de Villepin a démonté, point par point, la politique de Nicolas Sarkozy. L’ex-premier ministre estime que le travail le dimanche et la réforme de l’audiovisuel sont «des débats inutiles».<br /> Dominique de Villepin ne porte pas dans son cœur Nicolas Sarkozy, pas plus que sa politique. Comme souvent, il ne mâche pas ses mots à l’encontre du Président. Hier matin, sur l’antenne de France Inter, il a particulièrement pris le soin d’épingler, à chaque question, la politique gouvernementale. Verbatim.Plan de relance:«Je pense que ce plan met l’accent sur un certain type d’investissement, en particulier les travaux publics et les infrastructures, et je pense que cela n’est pas suffisant pour aider notre pays. Je pense que ce plan doit être complété». «Sans doute (ne faut-il pas) faire l’impasse sur a consommation». «Je crains que nous n’ayons pas encore conscience en France de la gravité et de l’ampleur de la crise.» «Il faut sortir de la confusion des projets, de la confusion des initiatives».Travail le dimanche:«Il y a des débats inutiles». «Tout ça pour ça. Il y avait possibilité de travailler cinq dimanche par an, on va passer à huit. On voit que cela divise les parlementaires (…). Je pense que c’est un débat inutile, alors qu’on sait que le travail le dimanche ne permettra pas d’augmenter le nombre d’emplois et n’aura pas d’effet sur notre situation économique.Réforme de l’audiovisuel public:«On pause un problème d’équilibre financier (à France Télévisions) et on entre des une régression sur le plan des libertés publiques en nommant le président de France Télévision par le président de la République». «Ce n’est pas seulement une régression symbolique. Tout ce qui vient réduire (la) capacité d’expression est dangereux». «Tout ce qui peut conduire à donner plus de pouvoir à quelques-uns doit être regardé avec beaucoup suspicion».Risque de crise sociale:«J’ai souvent discuté de ces questions avec Nicolas Sarkozy. Il a toujours eu une conviction profonde qui est que quand ça va très mal, le risque social est moins grand. Moi je n’ai jamais partagé cette analyse».Déficits publics:«Est-ce qu’on peut continuer à distribuer tous le jours des milliards qui vont finir pas nous coûter très cher ? Je rappelle un chiffre. J’ai laissé un déficit public de 36 milliards  d’euros que nous avions réduit pendant 2 ans (…). Ce déficit public en 2009 sera de 80 milliards».Discrimination positive:«Face au projet de discrimination positive, qui a longtemps tenté le président de la République, il faut être vigilant sur ces principes».2012:«Nicolas Sarkozy sait qu’en 2012 il sera jugé à ses résultats. (…) Je pense que si l’on poursuit dans la voie actuelle, ces résultats ne seront pas aux rendez-vous. Et je pense que personne pourra considérer que cela sera une surprise. Parce que c’est prévisible». Politique étrangère:«Au-delà de sa gestion de crise qui a montrée qu’elle était capable d’efficacité, (…) il faut aller beaucoup plus loin. L’Europe ne pèse pas suffisamment dans les affaires du monde et la France doit préserver à tout prix son indépendante. Nous avons un rendez-vous dans quelques mois sur «faut-il ou non rentrer dans l’OTAN?». Je pense que cela diminuerait les capacités d’initiative de la France et réduirait son indépendance.Affaire Clearstream: «L’affaire ne pèse en rien sur les positons et le discours politique qui est le mien. (…) J’ai dit qu’il  y avait une confusion dans ce dossier entre la situation d’une partie civile privée, Nicolas Sarkozy, et ses fonctions présidentielles qui de ce point de vue ne manquait pas d’influer sur la façon dont le dossier a été géré». <br /> Marc
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M
<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> L’affront de l’UMP à Sarkozy<br /> Travail dominical. La désertion de nombreux députés de droite a empêché l’examen du texte.<br /> Rien ne va plus entre Nicolas Sarkozy et les députés de sa majorité. Toujours plus frondeurs, toujours plus turbulents, ils lui ont infligé hier un camouflet en refusant de siéger à l’Assemblée pour conclure «avant Noël», comme il l’avait exigé, la discussion de la proposition de loi sur le travail dominical.<br /> Le texte sera au mieux débattu à la mi-janvier… Si le calendrier parlementaire déjà surchargé le permet. C’est le Premier ministre, François Fillon, qui a lui même annoncé hier matin sur Europe 1 l’interruption des débats, sans prévenir le chef de l’Etat. Furieux, ce dernier a contesté cette décision. Il a tenté d’imposer une reprise des débats hier après-midi. En vain. Les députés UMP avaient déjà rejoint leur circonscription. Pas question pour eux de rentrer à Paris pour voter un texte que Nicolas Sarkozy juge pourtant prioritaire et symbolique.<br /> Commencée mercredi soir, la discussion a été brutalement interrompue après deux heures d’invectives. Arguant que «les conditions du débat étaient impossibles», le chef du groupe UMP, Jean-François Copé, a demandé et obtenu une suspension de séance. De fait, les députés de l’opposition étaient particulièrement virulents. Et pour Jean-François Copé, le «déchaînement» du communiste Maxime Gremetz a été un prétexte bienvenu. Car dans l’hémicycle, les élus de gauche étaient, mercredi peu avant minuit, aussi nombreux que ceux de droite. Lors des votes des motions de procédure défendues par la gauche, il n’était pas impossible que la majorité soit mise en minorité, ce qui aurait entraîné l’abandon de l’une des réformes les plus chères à Nicolas Sarkozy.<br /> «Injures». Le gouvernement a déjà eu à subir un tel affront avec le projet de loi sur les OGM. Politiquement désastreux, l’épisode a marqué une première rupture entre l’exécutif et la majorité. «Plus jamais ça», avait alors tempêté Jean-François Copé. Dans la nuit de mercredi à jeudi, il n’a eu aucun mal à convaincre François Fillon qu’un report pur et simple de la discussion était le seul moyen d’éviter une nouvelle catastrophe.<br /> Vieux routier du Parlement où il est siège depuis 1981, le Premier ministre a annoncé sur Europe 1 qu’il valait mieux «interrompre les débats» pour «calmer les esprits». Sitôt après avoir quitté la radio, François Fillon s’est rendu à l’Elysée pour une réunion des dirigeants de la majorité. Avant même d’entendre ses explications, le chef de l’Etat a d’emblée exigé qu’on batte le rappel des députés. «Il faut qu’ils travaillent», s’est-il énervé, alors qu’on lui faisait observer que la plupart des élus étaient déjà en route vers leur circonscription. Egalement présent à cette réunion, Jean-François Copé a défendu une décision dont il «assume la responsabilité». «Prendre un tel risque pour une malheureuse motion de procédure, j’estime que ce n’est pas raisonnable», a-t-il plaidé. En sortant de cette réunion, Jean-François Copé et François Fillon ont, chacun de leur côté, fait le compte des élus de la majorité mobilisable dans l’après-midi, dans l’hypothèse où la discussion générale de la proposition de loi était maintenue à l’ordre du jour. «On ne pouvait en mobiliser au plus qu’une cinquantaine», confie Jean-François Copé.<br /> Hier, vers midi, l’Elysée a fini par se rendre à l’évidence. En déplacement dans les Vosges, Nicolas Sarkozy a désigné le coupable. S’il n’a pas eu sa chère réforme, c’est à cause de la gauche : «Les injures, le blocage systématique, empêcher des réformes pour le seul plaisir d’empêcher des réformes, inquiéter des jeunes pour le seul plaisir d’inquiéter des jeunes, ce n’est pas la démocratie, ça, c’est la pagaille.» Une manière pour lui de ne pas perdre la face vis-à-vis de ses troupes, mais aussi de tenter de resserrer les liens avec elles.<br /> Le député socialiste Christian Eckert, auteur de la motion d’irrecevabilité, s’est fait un plaisir de souligner, dans un communiqué publié hier, que les «divisions de la droite» étaient à l’origine de la suspension des débats : «Le vote de la motion d’irrecevabilité du texte était probable. […] On savait qu’à droite, des votes rejoindraient la gauche, et des abstentions étaient annoncées.»<br /> De fait, le «compromis» laborieusement négocié lundi soir par Nicolas Sarkozy en personne avec les députés hostiles au travail dominical ne fait toujours pas l’unanimité à droite. Notamment en raison de la possibilité donnée au préfet d’autoriser, sans l’avis obligatoire du maire, l’ouverture dominicale dans les «zones touristiques».<br /> «Overdose». A l’UMP, une grosse minorité reste sceptique sur une réforme dont il conteste la nécessité. En cette fin de session, une semaine avant Noël, ils avaient tous mieux à faire dans leur circonscription. «C’est l’overdose. Les élus de la majorité sont vidés, physiquement et moralement», constate un conseiller ministériel. A peine remis de l’éprouvant marathon de la réforme de l’audiovisuel public, Jean-François Copé n’est pas loin de leur donner raison : «La dernière séance avant la trêve des confiseurs, c’est bien pour expédier les affaires courantes, pas forcément pour entamer la discussion d’un texte lourd.»<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Marc.<br />
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