Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 16:23
ce qui m'amuse, c'est de lire "l'inquiétude" des américains, de l'europe, et de la France par rapport aux évènements actuels !
ils "souhaitent des élections démocratiques rapidement" !
on ne les a jamais vus condamner le régime de Lansanna Conté, il faut dire que le pays regorge de richesses minières ...
La corrution : ce pays est dans le top des 10 pays les plus corrompus du monde .
Quant à la répression, lors d'un de mes séjours, on nous a fait patienter un jour avant de nous laisser rentrer dans un village du Foutah la "police" venait de tirer sans sommation sur des collègiens qui manifestaient par rapport à la nourriture à la cantine ...
Bilan 9 blessés dont 2 graves .
Je suis persuadé que ce qui se passe, de toute façon, sera "moins pire" que le dictateur disparu.
Le capitaine Moussa Dadis Camara consolide son pouvoir en Guinée
LE MONDE | 26.12.08 | 15h39  •  Mis à jour le 26.12.08 | 15h39
 

Sourires devant les photographes, embrassades entre officiers en treillis et ministres en boubou : le capitaine Moussa Dadis Camara, qui s'est proclamé "président de la République" en Guinée après la mort du président Lansana Conté, a mis en scène, jeudi 25 décembre, l'acte d'allégeance du gouvernement civil à son nouveau pouvoir, issu d'un putsch militaire jusqu'à présent pacifique. La cérémonie, organisée au camp militaire Alfa Yaya Diallo de Conakry, conforte le pouvoir des putschistes, officiers subalternes, mais n'indique pas quelle sera l'attitude des hauts dignitaires d'une armée tiraillée par les rivalités personnelles et ethniques dans un pays où l'Etat, confisqué par de multiples clans, n'a guère de réalité.


Des militaires putschistes paradent dans les rues de Conakry. Au centre, leur chef.

Une trentaine de ministres ayant servi la dictature se sont mis à l'"entière disposition" du capitaine Camara, selon l'expression du premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré. Il faut dire que la junte avait, mercredi soir, intimé l'ordre à tous les membres du gouvernement de gagner le camp militaire "dans les 24 heures", sous peine de "ratissage". Le premier ministre qui, mercredi, prétendait encore être au travail, n'était pas apparu en public depuis le coup d'Etat.

Se voulant apaisant, le capitaine Camara a présenté sa prise de pouvoir comme "une transition" destinée à "aboutir à des élections libres et transparentes aux termes desquelles nous allons rejoindre les casernes". Le nouvel homme fort de Conakry a aussi proclamé sa volonté de rétablir l'ordre et de lutter contre la corruption. "Des gens ont déjà commencé à nous proposer des sacs de billets (…). Ils ont essayé de donner de l'argent à nos femmes et des voitures à nos enfants, a-t-il déclaré. Je m'opposerai personnellement à quiconque essaie de nous corrompre." Ces déclarations n'ont pas échappé à une intersyndicale de travailleurs guinéens qui a signé, jeudi, un communiqué "prenant acte" de la prise du pouvoir par l'armée. Ce texte est paraphé notamment par Rabiatou Serah Diallo, secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), qui a déclenché, fin 2006, une grève générale dénonçant la corruption généralisée, qui avait ébranlé le régime Conté. Les deux principales coalitions de l'opposition politique ont également "pris acte" du coup d'Etat et réclamé l'organisation d'élections d'ici à un an, et non deux, comme l'a promis le capitaine Camara.

La fixation d'une échéance aussi lointaine inquiète les Occidentaux qui sont aussi les bailleurs de fonds de la Guinée. Les Etats-unis ont "rejeté" le communiqué de la junte prévoyant un scrutin d'ici à décembre 2010 tandis que la présidence française de l'Union européenne a appelé à l'organisation d'élections "démocratiques et transparentes" au "premier semestre 2009". Dès vendredi, la page Lansana Conté devait être définitivement tournée avec les obsèques de celui qui, durant vingt-quatre ans, aura organisé la ruine d'un pays au sous-sol gorgé de richesses.

 

Philippe Bernard
Partager cet article
Repost0

commentaires