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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 15:12

J'espère recevoir des commentaires de lecteurs policiers et gendarmes  ! (merci à Marc P )


On nous cache tout, on nous dit rien…dirait Jacques DUTRONC ;

 

 

Quand la police devient un marché public

 

Source : http://moreas.blog.lemonde.fr/

 

Alors qu’un récent rapport envisage la fermeture de 175 brigades de gendarmerie, Michèle Alliot-Marie souhaite « un partenariat entre acteurs privés et publics ». La sécurité publique est un nouvel enjeu économique. C’est ce qu’il faut retenir du 1er sommet européen de la sécurité publique qui s’est tenu à la mi-décembre, et qui réunissait les 27 pays de l’U-E. Dans son discours, la ministre de l’intérieur a parlé « d’une économie de la sécurité (…) qui représente 1.500.000 emplois en Europe » et a annoncé la création d’un « Conseil économique de la sécurité » auquel seront associées des personnalités extérieures à l’administration.

 

Bizarrement, alors qu’il s’agit d’un domaine qui nous concerne au premier chef, ce sommet n’a guère été relayé par les médias. Avec quelques exceptions. Ainsi, Isabelle Mandraud, pour Le Monde, a fait un petit tour d’Europe de la sécurité. Dans son article, elle nous explique par exemple qu’en Roumanie, les policiers et les agents privés patrouillent de concert, qu’en Hongrie, la surveillance des bâtiments publics est confiée à des entreprises privées, en Italie, c’est la vidéosurveillance, en Espagne, la protection des personnes menacées par l’ETA, etc. Dans huit pays d’Europe, les effectifs privés sont plus importants que les effectifs publics. Le pompon revient à la Grande-Bretagne, où le secteur privé est en charge du transfert de prisonniers (11 prisons privées sur 130) ou de la chasse aux infractions pour stationnement irrégulier.

 

Alliot-Marie, dans son discours, donne en exemple l’efficacité du service de sécurité de la SNCF ou de la RATP, et la parfaite collaboration avec la police nationale. Mais faut-il aller plus loin ? Faire effectuer les transports de fonds ou la surveillance de bâtiments par des entreprises privées ne pose guère de problème, mais ces personnels n’ont aucun pouvoir de police. Or, la ministre de l’intérieur envisage les choses différemment. Elle estime que « pour répondre à la demande de sécurité de nos concitoyens (…), la sécurité privée doit encore prendre plus de place dans la lutte contre l’insécurité ». Mais, sans doute pour nous rassurer, elle martèle aussi que « l’État demeure l’architecte de la sécurité globale ».

 

Tandis que des bruits persistants circulent sur la suppression de 10.000 postes dans la police et dans la gendarmerie, je me demande ce qu’en pensent les syndicats de police… Sur le plan idéologique, je crois qu’ils ne se sentent pas concernés (à mon avis, ils ont tort), mais sur le plan pratique, deux d’entre eux (UNSA-Police et SGP-FO) ont mis sur pied une manif virtuelle pour protester contre les diminutions d’effectifs et la remise en cause des acquis sociaux.

 

Alors, faut-il s’inquiéter de cette privatisation de la police ? Je vous laisse juge, tant il est malaisé d’envisager les conséquences sur notre vie de tous les jours, mais la réflexion d’Yves Roucaute, professeur à Paris X, fait froid dans le dos (d’autant qu’il est également, me semble-t-il, conseiller politique en matière de sécurité) : « Une illusion est en train de s’effondrer : l’État n’est plus le maître. Partout en Europe, les normes imposent leurs règles et la sécurité devient un secteur hybride ».

 

Souvent, on critique la police, mais si demain une partie de son activité (vidéosurveillance, infractions routières, contrôle aux frontières, expulsions…) était confiée à des entreprises privées, ce serait comment ? Difficile à imaginer, non ?

 

 

 

 

 

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