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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 13:02
Cet article est long mais il dit la vérité , ce qu'aucun journaliste Français n'ose dire ou voir !

 
!!!Pour le correspondant en France du magazine Der Spiegel, Nicolas Sarkozy est une calamité pour les Français. Ivre de pouvoir, il est – selon lui – en train de mettre à mal les fondements démocratiques du pays.
 
La question de savoir s’il arrive à Nicolas Sarkozy de dormir s’est une nouvelle fois posée ces dernières se­maines, pendant lesquelles le président français s’est attelé à sauver la planète. On l’a vu sur toutes les chaînes de télévision, à la une de tous les journaux, avec Merkel et Barroso, avec Brown et Zapatero, avec Bush et Medvedev. Il s’est assis à la table de toutes les réunions avec le plus grand sérieux, est apparu l’air parfaitement réveillé derrière tous les pupitres, s’est exprimé devant le Parlement européen et devant les Nations unies, parlant comme toujours d’une voix forte et claire, proposant des plans pour en finir avec la crise financière et économique mondiale, des idées et des paquets de mesures pour relancer le système mondial après le naufrage. Même ceux qui n’ont prêté qu’une attention distraite aux faits et gestes de Sarkozy ne peuvent qu’arriver à la conclusion suivante : voilà un homme d’action, l’un des dirigeants politiques les plus énergiques de notre époque.
Bientôt, quand s’achèvera la présidence française de l’UE, Sarkozy devra revoir ses ambitions à la baisse. Déjà, il a renoué avec la politique intérieure et présenté avec force roulements de tambour un plan de sauvetage national, dont le but est de rassurer la population, mais qui convainc peu d’économistes. La France était à l’aube d’une crise majeure dès avant la crise. La politique et l’économie ont couru après des réformes manquées. Le déficit du commerce extérieur et la dette publique atteignent des sommets. L’impression d’être mal armé pour les temps difficiles qui s’annoncent se renforce dans le pays, et la cascade d’apparitions toniques de Sarkozy ne peut faire oublier que son Premier ministre, François Fillon, avait sobrement constaté, voilà plus d’un an, que la France était quasiment en faillite.

Avec la démocratie, c’est Montesquieu qu’il assassine

Et tout cela alors que le “téléprésident”, “l’omniprésident”, “l’hyperprésident” n’a cessé de promettre des lendemains qui chantent depuis son entrée en fonctions, en mai 2007. Résultat : la société française s’est scindée en deux camps ennemis. Si l’on en croit les sondages, une petite moitié des Français est satisfaite du président, tandis que l’autre moitié, grosso modo, pense qu’il est une catastrophe pour le pays. Les seconds ont de bons arguments, peut-être les meilleurs. Contrairement à l’Allemagne, dont la démocratie est fondée sur le consensus, la France est encline à la confrontation, et c’est Sarkozy lui-même qui a fait sortir le mauvais génie de sa bouteille en faisant de la “rupture” l’objectif premier de son action.
Ce qui était encore perçu comme libérateur pendant la campagne électorale devient aujourd’hui de plus en plus oppressant. Car le président ne met pas seulement un terme aux pires traditions françaises, mais aussi aux meilleures. Toujours en invoquant les valeurs suprêmes, les plus beaux idéaux, les meilleures intentions, Sarkozy triture le corps vieilli de la démocratie française et commence à inciser dangereusement près des organes vitaux. Des fondamentaux démocratiques sont aujourd’hui en péril, tels que la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, la protection des minorités. C’est Montesquieu qui se trouve remis en question, lui qui disait voilà bientôt deux cent cinquante ans que la vertu était le fondement de toute démocratie. Sans vertu, écrivait-il, l’Etat devient la “proie” du pouvoir.
Quatre scènes de la France d’aujourd’hui. Scène 1 : le manifestant Hervé Eon est traîné en justice et condamné [à 30 euros d’amende] pour “offense au chef de l’Etat” après avoir brandi une pancarte ornée d’un “Casse-toi, pauvre con” lors d’une visite de Sarkozy en province. Scène 2 : le quotidien Le Figaro, propriété de Serge Dassault, un marchand d’armes proche de l’Elysée, publie une photo retouchée de la ministre de la Justice, Rachida Dati. Une bague d’une valeur de 15 600 euros brille par son absence au doigt de la garde des Sceaux. Scène 3 : après une manifestation de nationalistes corses sur la propriété de Christian Clavier, un comédien proche de Sarkozy, le patron de la police corse est limogé sur ordre de Paris. Scène 4 : l’ancien directeur de la publication de Libération est arrêté à l’aube et menotté pour un commentaire d’internaute paru deux ans plus tôt. Il est traité de “racaille” par les policiers et doit se soumettre à plusieurs fouilles au corps.
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