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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 12:39
A l'hôpital, "y a plus d'argent, donc on joue à McGyver"

SOCIETE - Nicolas Sarkozy doit présenter ce matin ses vœux aux personnels de santé. Il le fera depuis le nouvel hôpital civil (NHC) de Strasbourg, devant une assemblée conviée sur invitations personnelles. Le bâtiment, mis en service en avril 2008, a été conçu par l'architecte Claude Vasconi. Implanté à proximité de l'ancien hôpital civil, il regroupe sur huit niveaux une dizaine de pôles médicaux pour 715 lits. Sur les 300 millions d'euros de coût total du projet, 10 % ont été consacrés aux équipements médicaux (quinze salles d'opération, un système d'IRM, un scanner...) et de mobilier (chambres majoritairement individuelles, Wifi).

Cet environnement ultramoderne n'est toutefois pas la panacée pour les 2 700 personnels qui y travaillent. "Y a plus d'argent, donc on joue à McGyver toute l'année", se plaint une infirmière. Mercredi, l'unité de soins intensifs cardiologiques était touchée par une grève lancée contre la suppression d'un poste d'infirmière de nuit. "Une aberration, une décision qui correspond à une logique comptable absolument contraire à l'intérêt des patients", proteste Jean-Claude Matry, président de la CFTC des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). Dans la même unité, "étendue sur 100 mètres avec des couloirs en T et en L", l'une des infirmières dénonce "une infrastructure mal pensée" qui complique la surveillance des patients et oblige à des déplacements incessants : "En plus, si l'on doit emmener un patient en coronarographie, à l'autre bout du bâtiment, cela nous prend vingt minutes. On parcourt sept kilomètres par jour !" Les brancardiers, dont le nombre est jugé insuffisant, "font facilement 15 kilomètres par jour", selon Claudine Giorgi, de la CGT. Les agents se plaignent aussi de la lourdeur des chariots repas, des "pannes répétées" du système de valisettes qui assurent le transit des documents légers.

Pour saluer la visite du chef de l'Etat, l'intersyndicale des HUS a lancé un mouvement de grève de vingt-quatre heures. CFDT, CFTC, CGT, FO, Sud et Unsa dénoncent le sous-effectif et s'alarment des conséquences du "déficit de 30 millions d'euros" des HUS, alors que la loi contraint les hôpitaux à l'équilibre financier. "La direction nous a clairement annoncé qu'il y aurait des mesures sanglantes au niveau des ressources humaines", prévient Michel Lacher, de la CGT, qui a lancé une grève reconductible : "Aujourd'hui, le personnel est pourtant constamment sur le fil du rasoir et nous réclame des moyens supplémentaires pour les services."

Aux urgences du NHC, touchées par plusieurs mouvements de grogne ces derniers mois, "les médecins urgentistes sont mobilisés depuis le printemps sur la pénibilité du travail et le manque de personnel", raconte ainsi le docteur Syamak Agha Babaei, membre de l'Amuf (Association des médecins urgentistes de France) - et par ailleurs élu PS de la ville de Strasbourg - : "Dans une période de grand froid comme actuellement, c'est un enfer pour nous et pour les patients. Ces derniers jours, il fallait en moyenne quatre heures d'attente pour voir un médecin et quatre autres heures pour qu'une infirmière prodigue des soins. Faute de place dans les services en aval, on garde les gens dans l'unité d'hospitalisation de courte durée, qui compte 18 lits aux urgences du NHC. On est parfois contraints de les renvoyer chez eux, à nos risques et périls. Mardi, les 18 lits étaient occupés, mais il y avait un dix-neuvième patient qui a passé la nuit dans les douches..." "Dimanche, quand j'ai quitté mon service, il y avait 40 patients pour nos 15 boxes de consultation et on en attendait cinq autres amenés par le Samu, relate Hélène Duriez, infirmière et déléguée Sud aux urgences. Pour les prendre en charge, il n'y avait que cinq médecins et six infirmières. Malheureusement, il faut qu'il y ait des décès dans les hôpitaux pour qu'on parle de nos conditions de travail."

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commentaires

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BonjourQuelque chose m'échappe lorsque le président dit que depuis dix ans,les dépenses ont augmenté de 50 %.Nous savons que notre système de protection sociale est essentiellement financé par le travail,le chômage crée du déficit et non des ressources pour la santé des français.Lui qui faisait de la réhabilitation de la valeur travail dans sa campagne car c'est la que le problème se situe ,les ressources du travail pour le financement.Donc économie et privatisation iront de pair pour sauver l'hopital au détriment des promesses de campagne,réduire le chômage de moitié et nous conforter aux exigences de Maastricht en 2012 comme sous l'ère Strauss kan en 1998 ou il était ministre,on avait de la croissance ,on était dans les critères ,et il y avait des créations d'emploi,ça! monsieur le président de la république oublie de le dire,
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J
<br /> tzako dit n'imp et ça marche !!!<br /> <br /> <br />
D
Hôpital : Sarkozy présente sa réforme Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur la réforme de l'hôpital en inaugurant un nouvel établissement à Strasbourg Dans un contexte où plusieurs patients hospitalisés sont morts pendant les fêtes de fin d'année, le chef de l'Etat a apporté son soutien aux professionnels de santé et a prôné la réorganisation sans moyens supplémentaires. 77% des Français, selon un sondage du Parisien, disent faire confiance au système hospitalier, contre 78% en 2004. L'opinion des Français sur les urgences de l'hôpital public est également bonne : ils sont 72% à leur faire confiance, selon le sondage CSA paru vendredi dans Le Parisien /Aujourd'hui en France. A Strasbourg, Nicolas Sarkozy a estimé que l'hôpital ne souffrait pas d'un problème de moyens, comme l'affirment de nombreux syndicats, et s'est prononcé pour "une meilleure coopération entre les établissements entre eux et la médecine de ville". "Entre 1998 et 2008, j'ai pris cette période parce qu'il y a eu des gouvernements de droite et de gauche, la France, au travers des dépenses de l'assurance maladie au profit des hôpitaux, a augmenté le budget de 50%. C'est 23 milliards d'euros de plus pour l'hôpital au cours des dix dernières années (...) je livre ce chiffre à votre réflexion", a-t-il poursuivi. "Le défi de l'hôpital d'aujourd'hui, c'est que cet argent qui est nécessaire soit plus efficace parce que l'hôpital doit être mieux organisé", a ajouté Nicolas Sarkozy. La réforme baptisée Hôpital, Patients, Santé, Territoire, devrait être débattue à l'Assemblée à la mi-février. Ce projet de loi est de plus en plus contesté par les syndicats hospitaliers, surtout chez les salariés non médicaux (infirmiers, aides-soignants), les plus nombreux. Il faciliterait, selon certains, "une privatisation rampante de l'hôpital public répondant uniquement à une logique comptable". Après les récents incidents mortels survenus dans plusieurs établissements, le président a tenu à indiquer aux personnels qu'il les soutiendrait "en toutes circonstances", estimant que le système hospitalier français était "l'un des meilleurs du monde". "Les drames récents sont exceptionnels et ne sauraient remettre en cause la confiance que la nation porte à l'hôpital et à ses personnels", a déclaré le chef de l'Etat. "L'hôpital est une institution trop importante pour les Français, pour qu'il soit le lieu de polémiques parfaitement déplacées". L'immense complexe hospitalier de Strasbourg inauguré vendredi par le chef de l'Etat a une capacité d'accueil de 715 lits pour une surface totale de 90.000 m2. Le bloc opératoire central comprend 15 salles d'opération autour d'un pôle "coeur-poumon" et d'un pôle "chirurgie-médecine". 2.700 agents y travaillent, dont 200 médecins et 300 autres personnels médicaux. A la pointe d'une nouvelle génération de centres hospitaliers favorisant l'humanisation de l'environnement des malades et l'efficacité des soins, c'est le plus grand centre hospitalier réalisé depuis l'Hôpital européen Georges Pompidou à Paris. Le nouvel établissement, dont les trois-quarts des chambres sont à un seul lit avec système multimédia et réseau Wifi, a été dessiné par Claude Vasconi, qui a réalisé le Forum des Halles à Paris. Source France 2
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J
<br /> merci jean luc<br /> <br /> <br />