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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 11:08

COLERE - Sixième semaine de grève, pour la maternité de l’hôpital Pellegrin. Hier, en assemblée générale, le personnel a une nouvelle fois décidé de poursuivre son mouvement débuté le 5 janvier dernier. Les négociations avec la direction sont au point mort, le courage des grévistes s’essouffle, mais les sages femmes sont déterminées.

«Cela fait trop longtemps que la situation se détériore, explique Patricia Gervier, déléguée CGT. Nous sommes à bout. Nous n’avons jamais assez de temps dans une journée. On déborde en permanence. On prend des risques et du coup les patientes aussi. Bref, on est frustrées». Le personnel se plaint de travailler de plus en plus dans l'urgence, et de ne pas avoir suffisamment de temps à consacrer aux patientes. Il réclame donc la création de quinze postes, dont six de sage-femmes et huit d'aides-soignantes ou auxiliaires de puériculture.

Deuxième maternité de France (après Lille), le CHU de Bordeaux pratique chaque année 4.500 accouchements. Il est le seul établissement de niveau III en Aquitaine qui peut prendre en charge des grossesses pathologiques Avec 99 sages-femmes le rythme est intense. «On est rappelées sur nos repos, on nous sucre nos RTT, nous n’avons pas le temps de faire de pose, et nous passons chaque jour huit heures sans manger, raconte Patricia Gervier. Forcément, notre concentration baisse. Pour les suites de couches, il n’y a qu’une seule sage-femme pour 24 patientes et 24 bébés. C’est un stress et une charge mentale terribles. On est au centre du dispositif, mais on est trop peu pour tout assurer».

Toutes ont le sentiment d’être déjà passées près de la catastrophe. Un épisode fin novembre a fortement marqué les esprits, et est en grande partie à l'origine du mouvement. Ce jour là, la sage-femme en charge du service des urgence a dû abandonner son poste pendant une heure, pour se rendre en salle d’accouchement et prendre en charge une femme dont le bébé était en souffrance. La professionnelle a donc été contrainte de confier les urgences avec les deux patientes présentes à la garde d’un brancardier. «Elle s’est fait très peur, et elle a mis en danger les patientes, résume la syndicaliste. Mais nous avons toutes cette crainte. C’est pour ça que le recrutement de personnel nous permettrait de ne plus travailler en effectif minimum».

Pour l’heure, deux rencontres ont été organisées avec la direction du CHU. Les grévistes ont notamment déjà obtenu trois nouveaux brancardiers, deux ASH (agents des services hospitaliers) et un poste d’assistante sociale, ainsi que le renforcement du secrétariat. Au-delà, la direction précise sans plus de précision que «La réflexion sera poursuivie». Le mouvement social est donc maintenu. Le taux de grévistes varie de 25 à 50% selon les jours. La continuité des soins est assurée grâce à la réquisition du personnel. Les sages-femmes organisent des temps de débrayage dans la journée, et celles qui sont assignées portent un auto collant de gréviste.

Pour ne rien arranger, la maternité est engagée depuis 2001 dans un vaste plan de rénovation (chambres majoritairement à un lit, 14 salles de naissance, un nouveau plateau technique de pointe) qui doit durer jusqu’en 2011 et s’effectue sans interruption d’activité. Un contexte qui pèse un peu plus encore sur les conditions de travail au sein de l’établissement.

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Published by jean schepman - dans la faillite du gouvernement
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