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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 14:57

Pécresse prête à dialoguer, mais à ses conditions

Universités . Le principal syndicat du supérieur ne se rendra pas à un rendez-vous vendredi avec la ministre.

http://www.liberation.fr/sciences/0101321672-pecresse-prete-a-dialoguer-mais-a-ses-conditions

                                                     

Alors que le mouvement de grève se poursuit depuis trois semaines dans les universités, l’heure est au «dialogue», répète sur tous les tons la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse. Problème : dialoguer, certes, mais avec qui et sur quoi ?

Illustration avec le rendez-vous qu’elle a fixé vendredi au ministère avec la Conférence des présidents d’université puis avec les organisations syndicales représentatives. Ordre du jour : «Nous travaillerons autour de la médiatrice pour nous mettre d’accord sur les grandes orientations» de la réécriture du décret sur le statut des universitaires.

Réécriture. Trop peu, a illico répondu le Snesup (principal syndicat des enseignants du supérieur) - très engagé dans l’action qui secoue les universités depuis le 2 février - affirmant qu’il «n’ira pas, en l’état, à une simple réunion technique ne portant que sur la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Nous voulons que les négociations portent sur l’ensemble des dossiers et qu’elles associent tous les syndicats et les collectifs investis dans le mouvement». Le Sgen-CFDT (fédération des syndicats généraux de l’Education nationale), lui, se rendra à cette réunion avec l’espoir de négocier «sur l’ensemble des questions».

Pécresse assure que son appel au dialogue est tout sauf un recul devant la mobilisation universitaire. Ses arguments : les réformes sont «bonnes et nécessaires», le gouvernement a dégagé des «moyens considérables», les suppressions d’emplois sont minimes comparé au reste de la fonction publique. Bref : tout en conservant un ton courtois, sans jamais tomber dans le dénigrement de Nicolas Sarkozy dans son discours du 22 janvier, la ministre reste droite dans ses bottes de réformatrice. Le seul sujet sur lequel il faut s’attendre à des avancées - probablement la semaine prochaine dit-on au ministère - demeure celui du statut. Jusqu’où ira la réécriture ? La ministre refuse de le préciser dès aujourd’hui. Ce serait vider de sens la médiation en cours. Cette posture de fermeté est-elle au niveau de la situation, caractérisée par une mobilisation sans précédent, une opposition massive des milieux universitaires et scientifiques à la politique gouvernementale et la conjonction de revendications diverses ?

«Surréaliste».Pécresse fait manifestement le pari de tenir plus longtemps que les contestataires. Elle l’a montré en poursuivant, hier matin au ministère, la présentation de l’opération Campus (c’était le tour de Toulouse, Aix-Marseille, Saclay et Condorcet-Aubervilliers). D’où une scène qualifiée de «surréaliste» par une participante, au regard du «chaos» dans les universités, selon le mot du syndicat Autonome Sup. Il est vrai qu’à écouter la ministre se féliciter de l’excellent travail des universités engagées dans ces projets, on pourrait croire que le calme règne sur les campus.

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