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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 09:13

«On mesure le niveau de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ses prison- niers»: plutôt qu’un long discours, Jean Jacques Mirassou et Martine Martinel, respectivement sénateur et députée PS de Haute Garonne citent Albert Camus à leur sortie de la prison Saint Michel à Toulouse.

 

Leur visite intra muros, ce lundi 9 mars, du centre de détention de semi-liberté, s’inscrit dans le cadre du projet de loi pénitentiaire actuellement examiné au sénat.

 

L’état des lieux constaté est selon eux «indigne d’un pays démocratique».

 

11h30 Prison Saint Michel. L’entrée de la maison d’arrêt construite sous Napoléon III s’ouvre. Jean-Jacques Mirassou et Martine Martinel sortent de leur visite: «L’état des locaux est sordide. Les installations sanitaires sont vieilles de cinquante ans, s’offusquent-il. C’est indigne à la fois pour les détenus et pour ceux qui les surveillent».

 

 

Depuis le transfert de la population carcérale à Seysses, la maison d’arrêt de Toulouse n'accueille plus qu'une trentaine de détenus en fin de peine dans une aile consacrée à la semi-liberté.

 

Ici, les détenus qui travaillent la journée à l’extérieur dorment en prison le soir et à deux par cellule. Á la maison d’arrêt de Seysses, le taux de remplissage est tel qu’ils sont quatre et parfois cinq à se partager le même espace de 10m2. «Sans aucune intimité et avec les latrines au milieu de la cellule!» s'exclame le sénateur Mirassou.

 

«Comment voulez-vous réinsérez des gens dans ces conditions-là? reprend Martine Martinel. Pareille déshumanisation ne peut engendrer que de la violence, et aucun espoir de réinsertion».

 

Se défendant de tout «angélisme», les deux élus dénoncent le projet de loi pénitentiaire et son auteur: «Rachida Dati veut faire passer sa réforme en force et dans l’urgence avant son départ du ministère de la Justice».

 

L’opposition parlementaire en est réduite à tenter de faire passer quelques amendements. Comme celui sur la réglementation de la fouille au corps en détention prise la semaine dernière au sénat.

 

«Ce projet de loi est l’occasion manquée d’un réel débat de fond sur la prévention, la sanction et la réinsertion, conclut Jean-Jacques Mirassou. La prison est un sujet de société qui concerne tout le monde, chacun pouvant passer du jour au lendemain du statut de victime à celui de détenu».

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Published by jean schepman - dans et si on en discutait
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