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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 10:07

Selon le sondage Viavoice, une partie de ceux qui ont voté pour le chef de l’Etat déchantent.

  

Attention, risque de fracture.

 L’électorat de Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle de 2007 se coupe en deux, avec seulement une petite majorité qui le suit dans ses politiques anticrise. Tel est le principal enseignement tiré du sondage mensuel réalisé par l’institut Viavoice pour Libération (1).

 

Si le chef de l’Etat voit sa cote de popularité se stabiliser à 42 % (contre 41 % il y a un mois), les réponses qu’il apporte à la crise ne satisfont guère. Deux Français sur trois (comme en février) sont déçus des actions contre le tsunami financier, économique et social. Preuve, s’il en est, que ses annonces au soir du sommet social à l’Elysée, le 18 février, n’ont guère convaincu. Tout juste, note François Miquet-Marty, directeur associé de Viavoice, ont-elles «permis d’éviter une nouvelle dégradation de la situation sociale et politique»…

 

Fêlure.

Plus inquiétant pour le Président, cette insatisfaction touche une grosse minorité de ses électeurs d’il y a deux ans (2) : 42 % (contre 56 %) font part de leur désenchantement face aux divers plans de lutte contre la crise. Cette fêlure de l’électorat sarkozyste se retrouve dans l’empathie à l’égard de la prochaine journée de mobilisation syndicale, prévue le 19 mars: 42 % des électeurs de l’ancien président de l’UMP affichent leur solidarité avec ce mouvement (contre 54 % qui le désapprouvent).«Ce clivage, commente François Miquet-Marty, est important parce qu’il divise les Français de la majorité. Il impose au chef de l’Etat une exigence de conciliation à l’égard de son propre électorat. Il ne peut se permettre ni de désavouer les mouvements sociaux ni de les satisfaire.» A noter que 88 % des électeurs de Ségolène Royal et 62 % des Français (73 % des ouvriers, l’un des cœurs de cible de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy) se déclarent en phase avec la journée d’action du 19 mars.

 

Conséquence naturelle, les «déçus du sarkozysme» constituent un paquet de 18 %, soit presque un cinquième des électeurs ayant voté pour le chef de l’Etat en 2007. Mais 79 % d’entre eux ne regrettent pas leur vote de la présidentielle. En comparaison, 93 % des électeurs de Ségolène Royal assument leur vote de 2007 (contre 7 % qui en sont navrés).

 

Réponse. Les mouvements sociaux dépassent donc les clivages traditionnels gauche-droite. C’est en cela que Nicolas Sarkozy devra sans doute d’abord apporter une réponse à son propre électorat, s’il ne veut pas le voir lui tourner le dos.

 

(1) Réalisé les 5 et 6 mars, par téléphone, auprès de 1 009 personnes. (2) Sur un échantillon constitué de 302 personnes.

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Published by jean schepman - dans tzarko 1er
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