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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 00:32
Le Souriceau Roi

Un souriceau assoiffé de gloire
Á force de manœuvres, de compromissions
D’intrigues et de trahisons
Parvint enfin au faîte du pouvoir.
Dès lors il se mit à courir, courir partout
Afin que chacun sache qu’il était maître de tout.
Á tout propos, en toute circonstance, il parlait
Parlait et pérorait
Grisé par son pouvoir
S’admirait dans tous les miroirs.
Presse, télévision, journaux
Chantaient sa gloire et ses bons mots.
Chacun de ses faits et gestes était rapporté
Abondamment commenté.
Le Peuple ébahi
Ébloui
Vivait dans la fascination
Perdait le sens de la Raison
S’enivrait de promesses
Enchanteresses
Prenait pour argent comptant
D’irréalistes engagements :
« Je veux ! »
Disait ce Roi puissant et suffisant,
En guise d’argument.
Et chacun d’attendre que soient exhaussés ses vœux.

Pourtant les sujets auraient dû ouvrir les yeux
Faire l’effort d’écouter mieux
Ce Roi hautain, fier et méprisant, qui savait si bien
Faisant le mal : promettre le bien.
Je vous aime disait-il à tous, à tout va, partout
Et pour votre bonheur, je ferai tout.
Obséquieux sujets, écoutez ce que j’affirme aujourd’hui :
Ce ne sont pas vaines promesses,
Mais engagements que je tiendrai ; maudit
Si je me dédis
Foi de moi
Moi le Roi !

_ _ _ / _ _ _


Entendez moi : le chômage sera éradiqué
Votre pouvoir d’achat augmenté
Le travail sera mieux rétribué
Les efforts récompensés
Je vous garantis la sécurité
La Justice sera sereinement et efficacement assurée.
Je veux prendre soin de votre santé
Il vous faudra cotiser plus, mais serez moins remboursés.
Vos enfants seront mieux éduqués
Car les heures d’enseignement diminuées
Permettront leurs progrès sans discontinuer.
Seront chassés sans fastidieuses formalités
Les étrangers sans papiers,
Eux qui viennent gruger
Notre bonne et fraternelle société.
Pour améliorer le service public
Je supprimerai nombre de fonctionnaires
Qui alourdissent la dette publique
Avec leurs pensions et leurs maigres salaires.

Pour réussir ces prouesses
Soyez persuadés que j’ai des solutions.
Je les appliquerai sans faiblesse
Après large concertation, mais sans tergiversation.

Les riches paieront mois d’impôts
Ce sont les pauvres qui cracheront au pot.
Il y aura une meilleure Justice, mais moins de tribunaux
Un dispositif de santé efficient, mais moins d’hôpitaux
Plus de services seront rendus au Public
Grâce à des administrations amaigries, devenus squelettiques.

Alors l’économie créera de la richesse et de la croissance
Á suffisance pour gaver les panses
Ventrues et repues
De patrons insatiables et corrompus.

Cela parait impossible à vos yeux :
Sachez simplement que je le veux.
Il suffit :
J’ai dit !

_ _ _ / _ _ _

Sachez enfin que je ne vous mentirai pas
Que je ne vous trahirai pas
Foi de moi
Moi le Roi
Maudit
Si je me dédis.

Voilà l’incroyable histoire
D’un souriceau
Assoiffé de gloire et de pouvoir
Qui prenait les gens du Peuple pour des sots !

Avant d’écrire le prochain chapitre
Je vais attendre un peu, derrière mon pupitre
Pour voir si le souriceau qui fait mille voltes
Ne sera pas bientôt balayé par la révolte
De ses sujets affamés, exsangues et dépités
Ouvrant enfin les yeux, face aux dures, dures réalités.


Francis BONNET
Montmorillon 13 oct

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