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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 09:55

Amer anniversaire pour le Grenelle de l'environnement

Alors que c'est aujourd'hui le troisième anniversaire du discours fondateur du Grenelle de l'environnement, les ONG ont tiré à boulets rouges en fin de semaine dernière.

 

Voilà une date qui ne tombe pas très bien. Le 25 octobre 2007, dans les salons de l'Elysée, était prononcé le discours fondateur du Grenelle de l'environnement en présence de deux prix Nobel de la paix, l'Américain Al Gore et la Kényane Wangari Maathai. Le président de la République s'était engagé à créer une politique d u « new deal écologique ».

Trois ans plus tard, les deux projets de loi découlant de ce processus de discussion entre élus, associations, syndicats, employeurs et représentants du gouvernement ont été votés. A la fin de l'été, Jean-Louis Borloo a demandé aux présidents des comités qui avaient orchestré les discussions de rédiger un rapport faisant office de bilan. Mais aussi un point d'étape sur l'espoir soulevé les enjeux liés à la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité, l'amélioration de la gouvernance, et le renforcement de la protection des populations par rapport aux risques environnementaux.

Politiquement, la démarche a du sens. Même s'il n'est pas rédigé par le ministère de l'Ecologie mais par les acteurs du Grenelle, aidés par le consultant Ernst & Young, le rapport, pratiquement terminé, sera une sorte de passage de flambeau de Jean-Louis Borloo -dont le nom est régulièrement cité pour prendre la suite de François Fillon à Matignon -à son successeur au ministère de l'Ecologie.

Les grandes envolées d'il y a trois ans promettant un plan Marshall français se sont trouvées confrontées à la réalité. Le rythme de distribution des éco-prêts à taux zéro pour faire des travaux d'économie d'énergie diminue, la réglementation sur les OGM tarde.

« Taxe carbone » britannique

Ironie de l'histoire, le gouvernement britannique a créé une sorte de taxe carbone. Les 4.000 groupes publics ou privés, jusqu'ici non soumis aux quotas européens mais qui émettent eux aussi du CO2, devront payer une taxe qui alimentera le budget du gouvernement. L'ensemble devrait représenter environ 1 milliard de livres d'ici à 2014, avec un prix de la tonne de CO2 fixé à 13 livres (14,60 euros). Evoquée dans le Grenelle, la taxe carbone a été abandonnée après son rejet par le Conseil d'Etat.

En revanche, les grands projets d'infrastructures de transport avancent. La réglementation thermique plus sévère, prévue pour les bâtiments neufs, se fait attendre, mais les promoteurs se bousculent déjà pour réaliser des immeubles basse consommation.

La semaine dernière, les ONG ont décidé de souffler à leur manière les bougies du Grenelle. Greenpeace a publié une note sur les évolutions des émissions de gaz à effet de serre françaises, intitulée « Une baisse en trompe-l'oeil ». La baisse des émissions, entre 1990 et 2009, est « principalement » concentrée sur 2008-2009, affirme le document, ce qui pourrait être un compliment. Il n'en est rien : « Elle est essentiellement due à un ralentissement de l'activité économique liée à la crise mondiale et ne correspond à aucun effort de transformation structurelle », conclut la note. Le Réseau Action Climat, qui regroupe trois ONG, publiait de son côté un communiqué, intitulé «  Grenelle de l'environnement : trois ans après, l'amer déni ». Les associations reprochent au gouvernement de « souffler le chaud et le froid sur les énergies renouvelables, empêchant le développement serein de ces filières ».

 Symboliquement, les députés ont aussi contribué à envoyer un signal négatif aux acteurs du Grenelle. Vendredi, ils ont voté la réduction de 50 % à 25 % du crédit d'impôt accordé à l'achat de panneaux photovoltaïques et la fin de la défiscalisation pour les investissements dans les territoires d'outre-mer.

Le gouvernement estime que les objectifs fixés par le Grenelle à l'horizon 2020 (5.400 mégawatts raccordés) seront atteints à la fin du premier semestre 2011, si l'on inclut les 3.000 mégawatts en attente de raccordement. Mais nombre de professionnels estiment que l'on risque de casser l'élan qui aurait permis à la France de respecter ses engagements européens de disposer de 23 % d'énergies renouvelables à l'horizon 2020.

JULIE CHAUVEAU, Les Echos

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Published by jean schepman - dans Grenelle de l'environnement
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