| Quatre départs Philippe Lagauche, conseiller pour les questions pénales, Xavier Samuel, conseiller pour les libertés publiques et les questions constitutionnelles et Françoise Andreo-Cohen, conseillère pour le droit des mineurs, ont décidé de quitter les services de la Chancellerie. Les motifs du départ des trois magistrats du cabinet de Rachida Dati ne sont pas connus. L'atmosphère à la Chancellerie "Ca va mal à la Chancellerie en ce moment" et ces départs sont "révélateurs d'un certain malaise", affirme-t-on de sources syndicales concordantes. "Il n'y a pas qu'au cabinet. Un certain nombre de directeurs à la Chancellerie aimeraient bien partir", assure l'une de ses sources, selon laquelle les trois derniers départs ne sont pas liés à des affaires privées. A écouter cette source, la méthode autoritaire de la garde des Sceaux semble avoir du mal à passer au ministère de la Justice, un monde plus habitué aux manières feutrées et aux longues discussions. Le vocabulaire "ferme" employé par exemple dans certaines circulaires aux présidents de cour "passe mal dans le monde judiciaire", relève ladite source citée par l'AFP. Celle-ci souligne aussi l'émotion suscitée par le comportement de Rachida Dati lors de l'installation le mois dernier du comité consultatif sur la carte judiciaire. Sitôt son discours prononcé, la ministre était partie, sans attendre le début des échanges. "Ce malaise est-il dû au caractère de Mme Dati , apparemment autoritaire et assez cassante, ou y a-t-il des désaccords de fond sur la politique et les projets en cours ? Je pense qu'il y a certainement un peu des deux", résume une autre source syndicale. "Elle est dans le pathos et la plainte ! Il faut la rassurer en permanence, lui répéter qu'elle est belle et hypercompétente", affirme un député UMP anonyme cité par "Le Canard". Dans le même temps, à écouter ce dernier, la ministre saurait aussi être dure et cassante, exigeant de son ancien responsable de cabinet "une présence physique de 24 heures sur 24". A en croire la même source, elle l'appelait en hurlant s'il s'avisait de quitter la Chancellerie avant 22 h. Toujours selon "Le Canard", on s'inquiéterait à l'UMP de la voir "paniquée par sa tâche et, du coup, tyrannique". Quoi qu'il en soit, les départs des conseillers chargés des mineurs et des questions pénales fragilisent la Chancellerie au moment où le projet de loi instaurant des peines planchers, avec un volet sur les moins de 18 ans, est en cours de discussion au Parlement. Sans compter l'installation, prévue mercredi, d'un comité d'orientation restreint en vue de l'élaboration de la loi pénitentiaire qui sera débattue en novembre. |