| Dans sa note de conjoncture publiée vendredi, l'Institut national de la statistique prévoit une progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,4% au premier trimestre 2008 et de 0,3% au deuxième trimestre, soit un acquis de croissance de 1,4%. De son côté, l'OCDE a estimé jeudi que la croissance française serait de 0,4% pour chacun de ces trimestres. Dans l'hypothèse de l'Insee, pour atteindre les 2% de croissance en 2008 sur lesquels le gouvernement tablait jusqu'à présent, il faudrait une progression de 0,8% pour chacun des deux derniers trimestres de l'année... une performance des plus improbables au vu des mauvaises conditions économiques mondiales suscitées par la crise financière. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, l'a d'ailleurs reconnu jeudi: la France va prochainement réviser en "légère baisse" sa prévision de croissance pour 2008. Elle s'est refusée à donner un chiffre, mais il est vraisemblable qu'elle soit de l'ordre de 1,8%, après 1,9% l'an dernier. Sur la base des prévisions de l'Insee, une croissance de 1,8% impliquerait une progression du PIB de 0,5% pour chacun des deux derniers trimestres, soit le rythme de croisière de l'économie française. La Commission européenne table quant à elle sur 1,7% tandis que l'Unedic (assurance chômage) a retenu cette semaine 1,6% pour son "scénario central". Dans un contexte international dégradé, le commerce extérieur français pèserait de nouveau sur la croissance au premier semestre, amputant légèrement le PIB. La baisse de l'activité et le resserrement des conditions de crédit dans le monde freineraient également l'investissement productif (+0,5% par trimestre), deuxième pilier de la croissance. Selon l'Insee, l'investissement des ménages en logement stagnerait même durant tout le premier semestre. La croissance française sera donc une fois encore entraînée par son principal moteur, la consommation des ménages, qui accuserait une très légère baisse (un peu moins de 2% en rythme annuel) mais résisterait malgré tout à "une inflation robuste et soutenue" et à des gains de pouvoir d'achat d'autant plus faibles. |