Pierre Mauroy a été mis en examen, vendredi 20 juin, pour détournement de fonds publics dans le cadre d'une affaire sur un emploi fictif présumé de Lyne Cohen-Solal à la Communauté urbaine de Lille. Cette mise en examen, décidée à l'issue de près de sept heures d'audition devant un juge d'instruction de Lille, pourrait valoir à l'ancien premier ministre jusqu'à trois ans d'emprisonnement avec sursis et 375 000 euros d'amende.
DES PREMIÈRES POURSUITES ABANDONNÉES EN 2004
En juin 2004, Lyne Cohen-Solal est mise en examen pour recel d'abus de confiance. Une charge abandonnée six mois plus tard, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Douai estimant alors que les faits sont prescrits. Le même motif empêche d'éventuelles poursuites contre Pierre Mauroy : "les faits d'abus de confiance susceptibles d'être reprochés à Pierre Mauroy paraissent prescrits", estimait alors en juin 2004 la juge Marie-Pierre Fournier.
L'affaire rattrape cependant le sénateur du Nord. En juin 2007, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Amiens ordonne l'ouverture d'une nouvelle information judiciaire à la suite de la plainte déposée en juin 2000 par Eric Darques, ancien élu de Lambersart, dans la Communauté urbaine de Lille.
Dans un communiqué publié vendredi 20 juin, l'ancien maire de Lille affirme que le reproche d'emploi fictif n'est "pas fondé". Il rappelle que l'affaire a éclaté en 2000, alors que Lyne Cohen-Solal était "engagée dans un combat politique très médiatisé contre le maire de Paris d'alors, Jean Tiberi". Une "coïncidence qui n'est pas fortuite", selon lui.