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But: préparer les sommets mondiaux sur la refonte du système financier international. Il n'a donné aucune précision de date.
Intervenant mardi devant le Parlement européen à Strasbourg, Nicolas Sarkozy a prôné la création en Europe de fonds souverains européens, face à la menace de prédateurs étrangers sur les grandes entreprises fragilisées.
L'Europe "doit porter l'idée d'une refondation du capitalisme mondial", a-t-il dit. "Ce qui s'est passé, c'est la trahison des valeurs du capitalisme, ce n'est pas une remise en cause de l'économie de marché", a ajouté Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat français, qui préside actuellement l'UE, a indiqué que "la solution la plus simple" pour les sommets mondiaux serait d'associer les pays industrialisés du G8 aux cinq plus grandes économies "émergentes" comme la Chine et l'Inde.
Les priorités de l'Europe lors des sommets mondiaux à venir seront "d'abord qu'aucune banque qui travaille avec l'argent des Etats ne puisse travailler avec des paradis fiscaux". Il s'agira aussi de faire en sorte "qu'aucune institution financière ne puisse travailler sans être soumise à une régulation financière" et "que les traders voient leur système de rémunération calculés de façon à ne pas pousser à une prise de risque inconsidérée", a dit Nicolas Sarkozy.
"Gouvernement économique"
Le président français a par ailleurs appelé à créer un "gouvernement économique clairement identifié" dans la zone euro. Celui-ci devra travailler aux côtés de la Banque centrale européenne, à la lumière de la crise financière. "Il n'est pas possible que la zone euro continue sans gouvernement économique clairement identifié", a-t-il déclaré. "La Banque centrale européenne", seule institution fédérale de la zone euro à l'heure actuelle, "doit être indépendante", a ajouté le chef de l'Etat, président en exercice de l'UE. Mais l'institut monétaire de Francfort, qui gère l'euro, "doit pouvoir discuter avec un gouvernement économique".
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a pris ses distances avec l'idée française d'un gouvernement économique en zone euro, jugeant qu'il ne fallait pas que cela restreigne l'indépendance de la BCE. "A la Commission, nous sommes pour un renforcement de tous les mécanismes de coordination des politiques économiques des Etats européens. En même temps, il ne faut pas créer l'illusion très dangereuse que (l'idée) serait de donner des instructions à la banque centrale", a-t-il ajouté, il est important de "ne pas mettre en cause l'indépendance de la banque centrale".
"Fonds souverains européens"
Le locataire de l'Elysée s'est également prononcé en faveur de la création en Europe de fonds souverains, qui, coordonnés, permettraient "d'apporter une réponse industrielle à la crise" économique. Créés par certains gouvernements, les fonds souverains sont des fonds d'investissement spéciaux pour gérer les avoirs extérieurs des Etats. Leurs actifs sont estimés aujourd'hui à 5000 milliards de dollars et sont très développés en Asie et dans les pays producteurs de pétrole notamment.
"Je connais parfaitement les désaccords entre certains pays" sur le sujet, "mais je ne peux pas imaginer qu'on m'explique qu'il fallait une réponse unie européenne à la crise financière et que face à la crise économique il n'en fallait pas une", a-t-il dit. "Notre devoir, c'est qu'en Europe, on puisse continuer à construire des bateaux, des avions, des automobiles", a-t-il conclu.
Le ministre allemand de l'Economie Michael Glos a rejeté l'idée de fonds souverains européens, dans une interview à paraître mercredi. "La proposition française de protéger l'industrie européenne contre une reprise par des fonds d'Etat étrangers grâce à des participations étatiques contredit tous les principes d'une politique économique couronnée de succès", estime-t-il dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).