« Sincèrement, je me suis couchée samedi soir persuadée que je ne serais pas candidate, puisque je pensais que Bertrand irait... » Mais « Bertrand » n'y est pas allé. Alors, Martine Aubry a missionné Claude Bartolone, qui n'attendait que cela, comme tous les amis de la maire de Lille : « Je suis autorisé à vous annoncer sa candidature. » C'était dimanche, en milieu de matinée, il ne restait que quelques minutes pour le faire.
« Les militants ont maintenant le choix entre des pratiques d'un autre âge et un parti moderne, tourné vers l'avenir », a dit l'ancienne candidate à la présidentielle.
« Nous avons deux conceptions radicalement différentes de l'organisation du parti », explique la maire de Lille. « Nous voulons un parti de militants qui travaillent, qui s'organisent, là où Ségolène le souhaite à son service, tous derrière elle. » C'est d'ailleurs au nom de cette « même conception de l'organisation du parti » que Bertrand Delanoë a choisi Martine Aubry. « Mais bien sûr, puisque nous sommes d'accord sur tout ! Il n'y a que sur le nom que nous n'avons pas pu trouver un accord... » Pour elle, cela tombait sous le sens. « Et pas seulement parce que nous sommes amis ! »
Et elle raconte que c'est un moment Benoît Hamon qu'elle avait pressenti. « Bertrand n'a pas voulu. » Trop à gauche. Il a alors proposé Harlem Désir. « Là c'est Benoît qui s'est opposé. » Après tout, les deux quadras ont le même profil, alors le tenant de la motion C s'est dit qu'il n'avait aucune raison de renoncer à une candidature qu'il avait annoncée, lui, depuis bien longtemps.
Hier, après l'annonce du soutien de Bertrand Delanoë, Benoît Hamon était plutôt remonté : « C'est décevant. La vieille logique du règlement de comptes prend le pas sur le renouvellement... » Silence radio du côté de Ségolène Royal, mais quelques-uns de ses lieutenants ont pris un malin plaisir à relever que les cosignataires de la motion A ne suivront apparemment pas l'appel de leur leader comme un seul homme. Comme Vincent Peillon, qui compte beaucoup sur les abstentionnistes du 6 novembre (un peu moins de 44 %) : « Il faut absolument que nous soyons élus dès le premier tour.
» Mais on ne jurerait pas que l'image laissée par le congrès de Reims incitera les militants à se déplacer avec beaucoup plus d'enthousiasme...
Mais on ne jurerait pas que l'image laissée par le congrès de Reims incitera les militants à se déplacer avec beaucoup plus d'enthousiasme...
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| Votes jeudi et peut-être vendredi. - Après les contributions, le dépôt et le vote des motions, le congrès de Reims de ce week-end, les militants des 3 500 sections du PS vont voter jeudi à bulletin secret pour élire leur premier secrétaire (Aubry, Royal ou Hamon) mais aussi leur premier secrétaire fédéral et leur secrétaire de section. Si l'un des trois candidats n'obtient pas la majorité, un second tour est prévu le lendemain, vendredi 21 novembre. Un conseil national se déroulera samedi 22 pour désigner le bureau national et le secrétariat national. |