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Source : Europe1
Créé le 18/11/08 - Dernière mise à jour le 19/11/08 à 8h10
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire Clearstream. Après près de quatre ans d'enquête, les juges d'instruction ont retenu notamment contre lui les charges de "complicité de dénonciation calomnieuse". Dominique de Villepin a immédiatement réagi estimant que "rien ne justifie cette décision de renvoi". Quatre autres protagonistes de l'affaire, dont Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS, sont également renvoyés en correctionnelle. Le procès devrait avoir lieu en 2009.
Dominique de Villepin va devoir s'expliquer devant la justice. Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, qui ont instruit le dossier Clearstream pendant quatre ans, en ont décidé ainsi. Leur ordonnance rédigée mardi prévoit le renvoi de Dominique de Villepin devant le tribunal correctionnel. L’ancien Premier ministre est notamment soupçonné de "complicité de dénonciation calomnieuse".
L'ancien Premier ministre a été mis en examen le 27 juillet 2007 pour "complicité de dénonciation calomnieuse, complicité d'usage de faux, recel de vol et recel d'abus de confiance". Les magistrats le soupçonnent d'avoir participé à une machination visant à déstabiliser Nicolas Sarkozy, en l'accusant avec d'autres personnalités de posséder des comptes occultes à la chambre de compensation Clearstream. Dans ce but, de faux listings bancaires avaient été adressés à la justice entre mai et octobre 2004.
Dans l'ordonnance, les deux magistrats estiment que la responsabilité de Dominique de Villepin s'étend à toute l'année 2004, soit à partir d'une réunion le 9 janvier avec le général Rondot et Jean-Louis Gergorin. Les juges ont donc été au-delà des réquisitions du parquet qui, le 3 octobre, n'avait pris en compte sa responsabilité que pour les deux derniers courriers de dénonciation calomnieuse (sur quatre envois) adressés au juge Renaud Van Ruymbeke les 20 août et 4 octobre. Pour le parquet, M. de Villepin avait, à partir de juillet 2004, eu connaissance d'éléments suffisants sur cette affaire pour dénoncer les faits à la justice, ce qu'il n'avait pas fait, se rendant ainsi "par son inaction" coupable de "complicité de dénonciation calomnieuse". Le ministère public avait estimé en revanche que l'information judiciaire n'avait pas permis d'étayer l'hypothèse de l'implication de Dominique de Villepin en amont de ce processus.
Dominique de Villepin a réagi à cette annonce, estimant mardi soir que "rien ne justifie" son renvoi en correctionnelle. "Tout au long de l'instruction, la vérité des faits et du droit a été détournée au profit d'une seule partie civile qui est en même temps aujourd'hui président de la République", dénonce M. de Villepin. "Je refuse toute instrumentalisation. Mon seul combat sera celui de la défense des principes pour la vérité et l'indépendance de la Justice", conclut-il.
Quatre autres protagonistes de l'affaire sont également renvoyés en correctionnelle par les deux magistrats conformément aux réquisitions du parquet. Il s'agit d'un ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, qui a reconnu avoir adressé les faux-listings à la justice, d'un informaticien, Imad Lahoud, soupçonné de les avoir confectionnés, d'un ancien auditeur de la société Arthur-Andersen, Florian Bourges, et d'un journaliste, Denis Robert, soupçonnés d'avoir été en possession des listings à l'origine de la falsification. L'ordonnance doit être adressée mercredi aux cinq mis en examen et à la trentaine de parties civiles de cette affaire, Nicolas Sarkozy.