nouvelles régulières du canton d'Hondschoote et sur la politique départementale en ma qualité de Vice Président
La grève à l'usine Sieto-Faurecia à Somain tourne au vinaigre. Quatorze des deux cent quarante-cinq salariés ont été licenciés.
Et de un, et de deux... En une heure de temps, dans la nuit de vendredi à samedi, M. Tilly, DRH de Faurecia France, a licencié quatorze salariés du site Sieto-Faurecia à Somain. Quatorze grévistes sur les soixante-cinq salariés du poste de nuit.
« Les imprimés de licenciement ont été distribués à des salariés choisis au hasard. Son intention était, semble-t-il, de virer tous les grévistes », suppute Lydie Librizzi, secrétaire générale du syndicat CFTC métallurgie du Nord. Appelée en urgence dans l'entreprise spécialisée dans la fabrication de sièges automobiles pour Toyota Onnaing, elle est parvenue à arrêter l'hécatombe. Mais pas à panser les plaies.
Un homme fait une crise de nerf un autre menace de se suicider. La tension est à son comble. Une pierre de plus dans le jardin des deux cent quarante-cinq salariés. « Les employés se plaignent de harcèlement moral et physique », témoigne Abdelrani Benchabane, élu au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).
Jacques Leclercq, UL-CGT du Douaisis, y va de son exemple : « Mercredi, un cadre est venu tirer les oreilles d'un employé pour le faire travailler plus. » C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Le lendemain, les salariés s'accordent sur la grève. Le vendredi, elle est lancée. Pour des questions d'argent aussi. Une prime non payée de 75 euros est réclamée, plus une prime de production de 300 euros.
L'immense majorité des salariés se déclarant grévistes, la direction contourne l'obstacle en recrutant des intérimaires. Nouvelle provocation. Le directeur départemental du travail et de l'emploi, en personne, tente une médiation vendredi après-midi. Échec total. De retour de week-end, les grévistes n'ont pas relâché la pression.
Faute d'approvisionnement, hier, Toyota Onnaing a tourné au ralenti à partir de 11 h 30. Au même moment, sur le site de Somain, les négociations ont repris. Sans résultat tangible. La direction a refusé d'octroyer les 300 euros demandés. En conséquence de quoi la grève n'a pas été levée. En retour, la direction intenterait une action en justice pour obtenir la levée du piquet de grève.
BERTRAND BUSSIÈRE