'ex-Premier ministre Dominique de Villepin a accusé lundi Nicolas Sarkozy d'être intervenu "ouvertement" dans l'instruction judiciaire de l'affaire Clearstream, dont il estime jouer le rôle de "bouc émissaire", pour le mettre en cause et il a mis en garde contre le risque d'une "justice politique".
"Depuis quatre ans, une thèse s'est imposée dans ce dossier, et cette thèse n'est pas neutre parce qu'elle a été imposée par Nicolas Sarkozy", s'est insurgé sur Europe 1 M. de Villepin, renvoyé en correctionnelle notamment pour "complicité de dénonciation calomnieuse".
"Comment une justice même indépendante (...) peut (elle) résister à la pression ainsi mise, volontairement ou involontairement, directement ou indirectement sur un dossier ?", a-t-il demandé.
"Dès l'origine j'ai été désigné comme le bouc émissaire", dénonce également M. de Villepion dans le quotidien le Parisien-Aujourd'hui en France. "Tout s'est mis en place alors pour un véritable lynchage médiatique et judiciaire. Comment aurait-il pu en être autrement dès lors que le plus haut responsable de l'Etat intervient ouvertement dans le processus", affirme-t-il.
"Il n'est pas acceptable qu'il puisse y avoir dans notre pays une telle confusion entre les intérêts privés d'une partie civile et la responsabilité publique du président de la République", ajoute l'ex-Premier ministre, prévenant qu'"une justice sous influence ouvrirait la voie à une justice politique".
A l'appui de sa thèse, M. de Villepin a relevé sur Europe 1 que le "nom de Nicolas Sarkozy n'est à aucun moment cité dans les listings" de Clearstream, celui y figurant étant le nom de son père.
"Cela fait partie des mystères de ce dossier", a estimé l'ancien chef du gouvernement qui assure s'être "toujours interrogé sur les dommages" qu'avait "pu subir" Nicolas Sarkozy dans cette affaire.
Son nom, a assuré l'ancien Premier ministre, "n'est à aucun moment cité dans cette affaire. C'est lui qui, à un moment donné, voyant des noms patronymiques qui sont ceux de son père a dit +c'est moi qui suis visé+ après avoir dit +c'est mon père qui est visé+", a assuré M. de Villepin.