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Par Reuters, publié le 18/12/2008 à 21:47
DARNEY, Vosges - Nicolas Sarkozy a accusé jeudi l'opposition de mettre "la pagaille" à l'Assemblée nationale lors des débats sur la réforme de l'audiovisuel ou le travail dominical, s'attirant les foudres du Parti socialiste.
En marge d'une table ronde sur la ruralité dans les Vosges, Nicolas Sarkozy a accusé l'opposition de mettre "la pagaille" à l'Assemblée nationale lors des débats sur la réforme de l'audiovisuel ou le travail dominical, s'attirant les foudres du Parti socialiste. (Reuters/Philippe Wojazer)
Après des débats électriques mercredi soir dans l'hémicycle, l'examen de la proposition de loi sur le travail le dimanche a été reporté au 15 janvier alors que le gouvernement espérait au départ le faire passer avant les vacances de fin d'année.
"L'opposition, si elle a des idées, qu'elle n'hésite pas à les donner pour résoudre les problèmes de la France. Je serai très heureux de les écouter et de les entendre", a déclaré le chef de l'Etat en marge d'une table ronde sur la ruralité dans les Vosges.
"Mais les injures, le blocage systématique, empêcher de voter des textes, empêcher des réformes pour le seul plaisir d'empêcher des réformes, inquiéter des jeunes pour le seul plaisir d'inquiéter des jeunes, ce n'est pas la démocratie, ça c'est la pagaille", a-t-il estimé, en allusion à la contestation de la réforme du lycée, finalement reportée d'un an.
Pour le président de la République, les députés de gauche donnent un mauvais exemple à l'heure où la France est plongée dans les difficultés économiques.
"A l'Assemblée nationale, on s'est un peu énervé. Ce n'est pas toujours un spectacle que peuvent comprendre les Français qui souffrent de la crise de voir les gens s'insulter, s'invectiver", a-t-il dit.
LES SOCIALISTES RÉAGISSENT
Mardi, lors des derniers débats sur la réforme de l'audiovisuel, les députés socialistes ont brandi dans l'hémicycle des affichettes portant l'acronyme ORTS pour "Office de radio et de télédiffusion sarkozyenne".
Mercredi, pour la séance de questions d'actualité, ils arboraient sur leurs vestes un autocollant rouge proclamant "oui au repos le dimanche".
"Je ne pense pas qu'en s'agitant avec des pancartes et avec des badges sur les bancs de l'Assemblée nationale, on rende particulièrement fiers les électeurs qui ont voté pour vous", a estimé Nicolas Sarkozy.
"Les gens n'ont pas voté pour nous pour voir un combat de boxe, pour donner un spectacle un peu ridicule et un peu paradoxal", a-t-il souligné.
"L'inventeur de la présidence-spectacle n'aime pas que l'opposition parlementaire lui fasse de l'ombre", lui a répondu, dans un communiqué, Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste de l'Assemblée.
"Non content de tout régenter dans l'Etat, le voilà maintenant qui veut dicter la manière dont l'opposition doit se comporter", ajoute-t-il en rappelant au président de la République "qu'il n'est pas le président de l'Assemblée nationale".
"Ce n'est pas l'opposition qui sème la pagaille. C'est cette frénésie de réformes inutiles, bâclées et bourrées d'injustices. C'est l'incapacité d'écouter tous ceux qui ne pensent pas comme lui", a conclu Jean-Marc Ayrault. "Alors oui, ne lui en déplaise, l'opposition se fait entendre. Et elle continuera de le faire. Sans lui demander la permission."
Yann Le Guernigou, édité par Yves Claris